«Le complot de Washington pour perturber les JO est voué à l’échec» avertit sobrement le titre du China Daily, quotidien chinois en anglais contrôlé par le régime. A moins d’une semaine du début des Jeux olympiques de Pékin la tension monte. D’abord chez les sportifs, qui prient pour qu’Omicron ne les prive pas de la compétition sportive. Et sur le plan diplomatique, depuis que les Etats-Unis ont appelé à un boycott en raison «du génocide et des crimes contre l’humanité en cours au Xinjiang».

Selon le journal, qui cite des sources anonymes «proches du dossier», Washington a élaboré un plan pour convaincre des athlètes «de politiser l’événement sportif international». Les Etats-Unis souhaiteraient inciter les sportifs à exprimer leur mécontentement envers la Chine, à participer «passivement aux compétitions», ou même pire, à refuser le concours. Un soutien financier serait promis aux sportifs impliqués dans le plan et Washington serait en train de mobiliser des ressources mondiales pour «protéger la réputation personnelle» des athlètes.

En somme, un véritable complot «pour politiser le sport et gâcher de manière malveillante les Jeux olympiques d’hiver», écrit le China Daily, qui commente: «Le complot des forces anti-chinoises visant à utiliser les athlètes comme outil de manipulation politique est plus que malveillant et sale.» Les sources du journal d’Etat estiment par ailleurs que la tentative de déstabilisation des Etats-Unis est vouée à l’échec.

Les Etats-Unis démentent

Surprise: les autorités américaines démentent fermement ces accusations. «Nous n’avons pas coordonné et nous ne coordonnons aucune campagne mondiale en rapport avec la participation aux Jeux olympiques», a indiqué un porte-parole de l’ambassade des Etats-Unis à Pékin dans un courriel adressé à l’Agence France Presse. «Les sportifs américains ont le droit de s’exprimer librement, conformément à l’esprit et à la charte des Jeux olympiques, qui incluent la promotion des droits de l’Homme», a poursuivi ce porte-parole. Avec cet article du China Daily, Pékin cherche à «détourner l’attention» du public «de son scandaleux bilan en matière de droits de l’Homme», a estimé l’ambassade des Etats-Unis.

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Au nom des violations des droits humains en Chine contre la minorité musulmane des Ouïghours, les Etats-Unis ont convaincu une partie de leurs alliés occidentaux, dont le Canada, l’Australie et le Royaume-Uni, de mener un «boycott diplomatique» des Jeux olympiques. Ils n’enverront pas de responsables à la cérémonie d’ouverture vendredi, mais leurs sportifs participeront aux Jeux olympiques. Le Conseil fédéral a lui choisi de n’envoyer aucun de ses membres pour représenter la Suisse à la cérémonie d’ouverture, mais enverra son ambassadeur sur place. Dans le cas suisse, c'est le coronavirus et les restrictions sanitaires chinoises qui permettent d'éluder la question d'aller ou non Pékin.

Près de 250 ONG, dont plusieurs établies en Suisse, ont appelé vendredi les gouvernements à boycotter les Jeux. Dans une déclaration commune, elles demandent aux athlètes et aux entreprises de ne pas légitimer les abus perpétrés par les autorités chinoises. Les signataires comptent l’Organisation mondiale contre la torture à Genève ou encore Human Rights Watch.