Pesticides

Un million de signatures récoltées pour interdire le glyphosate en Europe

Une pétition pour obtenir l’interdiction au sein de l’Union européenne du glyphosate, herbicide le plus vendu au monde mais dont l’effet sur la santé est controversé, a réuni plus d’un million de signatures

L’initiative citoyenne européenne (ICE) pour interdire le glyphosate, lancée en février, «a dépassé le million de signatures», soit l’objectif fixé, a annoncé Greenpeace, une des organisations soutenant la pétition, parmi une quarantaine ayant participé à son lancement.

Pour être prise en compte par la Commission européenne, une ICE doit récolter un million de signatures au sein d’au moins sept Etats membres différents. Des conditions remplies «en moins de cinq mois», soit le succès le plus fulgurant depuis la création de cet outil par l’Union européenne en 2012, s’est félicitée Greenpeace.

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«Herbicide dangereux»

Les signatures, dont la collecte continuera jusqu’à la fin de juillet, doivent encore être certifiées et validées avant que l’initiative puisse être présentée à la Commission. L’exécutif européen a trois mois pour présenter ou non une action en réponse, en justifiant sa réponse.

«Nos politiciens doivent entendre ce message exprimé haut et fort: ils doivent protéger les citoyens et l’environnement en interdisant cet herbicide dangereux et nous mettre sur la voie d’un avenir sans pesticide», a commenté l’un des coordinateurs, David Schwartz, de WeMove.EU.

Expertise contestée

La Commission a relancé la procédure pour le renouvellement de la licence du glyphosate dans l’UE, après l’avoir prolongée dans l’urgence de dix-huit mois (jusqu’à la fin de 2017) dans l’attente de l’avis scientifique de l’Efsa, l’Agence européenne pour la sécurité des aliments, et faute de majorité claire parmi ses 28 Etats membres.

A ce sujet: Bruxelles propose de prolonger de dix-huit mois l’autorisation du glyphosate

L’Efsa a finalement estimé que la substance, que l’on retrouve dans les pesticides les plus courants, comme le Round Up de Monsanto, n’était pas cancérogène. Mais cet avis est contesté par des scientifiques et des organisations de défense de l’environnement, ainsi que par une partie du Parlement européen.

L’UE dispose d’un délai de six mois après la réception effective par la Commission de l’étude de l’Efsa pour prendre une décision pour renouveler la licence du glyphosate.

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