Diplomatie

Un ministre russe honoré à Genève

Ministre des Situations d’urgence et de la défense civile russe, Vladimir Pouchkov a reçu un doctorat honoris causa d’une école de diplomatie genevoise. Colère ukrainienne

Un ministre de Vladimir Poutine est désormais docteur honoris causa à Genève. Un titre qui lui a été délivré mercredi par l’Ecole de diplomatie et de relations internationales (Geneva School of Diplomacy and International Relations – GSD), une institution située au château de Penthes.

L’heureux élu est un ministre de second rang du gouvernement russe. Vladimir Pouchkov est chargé des situations d’urgence et de la défense civile russe, inconnu du grand public. Ni sa fonction, ni son parcours n’indiquent un quelconque lien avec la diplomatie.

L’image de Genève

Pourquoi ce choix étrange? Le lauréat est honoré pour «sa contribution à la protection de la population, ses connaissances dans les domaines civil et militaire, des qualifications qui lui ont permis d’atteindre des objectifs humanitaires vitaux», selon le compte rendu de la cérémonie. Le GSD n’a pas répondu à nos sollicitations.

Cette école est une «petite université sélective basée à Genève, au cœur de la diplomatie internationale», peut-on lire sur son site internet. Elle propose des formations de diplomatie à des étudiants venant du monde entier. L’école a été fondée en 2003 par un responsable onusien, Colum de Sales Murphy, qui a servi notamment en Bosnie pendant la guerre. C’est lui qui a remis le diplôme au ministre russe.

«Contradiction évidente»

Cette petite cérémonie n’a en tout cas pas échappé à la mission ukrainienne à Genève, dont le pays est en guerre contre les séparatistes du Donbass soutenus par Moscou. Cette décoration est «en contradiction évidente avec les valeurs avancées par le GSD», regrette Yuri Klymenko, l’ambassadeur ukrainien auprès des Nations unies. L’une des fonctions de Vladimir Pouchkov, poursuit le diplomate, «est d’organiser des soi-disant convois humanitaires dans les territoires temporairement occupés de l’Ukraine en violation de notre souveraineté et de nos frontières». Et d’accuser ces convois de fournir en armes les séparatistes du Donbass.

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