Le Venezuela a connu jeudi une deuxième journée de troubles dans des villes de province. Plusieurs dizaines de personnes ont ainsi manifesté à Upata, une ville d'environ 100 000 habitants située dans le sud du pays, dans l'Etat de Bolivar, protestant contre «la hausse des prix des aliments et produits de première nécessité», sur fond de crise du coronavirus.

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Lors de cette protestation, un homme âgé de 28 ans a été tué par «deux impacts de balle» dans la tête au cours des incidents, indique un rapport de l'armée vénézuélienne dont l'Agence France Presse (AFP) a pu prendre connaissance. Deux autres personnes ont été blessées par des tirs, sans que le rapport ne précise l'origine de ces tirs. Selon le gouverneur régional, Justo Noguera, cet homme a été touché par «des tirs venant a priori du corps policier».

Dix décès liés au coronavirus

C'est la deuxième journée consécutive où ont lieu dans l'intérieur du Venezuela des troubles liés à la disponibilité des produits alimentaires. La manifestation d'Upata a débouché sur des pillages, alors qu'au moins 30 personnes ont été arrêtées. Un supermarché a été dévalisé et des commerces voisins ont été vandalisés, selon les autorités.

La presse régionale a rapporté que d'autres manifestations avaient eu lieu dans les Etats de Monagas, dans l'est, et de Portuguesa, dans l'ouest. Sept personnes ont été blessées mercredi, dont deux par armes à feu, lors de manifestations qui elles aussi ont tourné aux pillages dans l'Etat de Sucre, dans l'est, selon un député de l'opposition.

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Ces troubles surviennent au milieu d'une quarantaine décidée par le gouvernement et appliquée par les forces de sécurité pour prévenir l'expansion du Covid-19. Selon le dernier bilan, le Venezuela compte 298 cas de contamination et 10 décès. Le virus est apparu dans un Venezuela en crise économique et sociale dont les services publics se sont effondrés, frappé par une hyperinflation galopante et notamment par une pénurie de carburant.