New York

Un mort dans un accident d'hélicoptère en plein Manhattan

Un hélicoptère privé s'est écrasé pour une raison encore inconnue sur le toit d'un immeuble de 54 étages de Manhattan lundi. Le pilote est décédé

Un hélicoptère s'est posé brutalement lundi à la mi-journée sur le toit d'une tour de bureaux au coeur de Manhattan, causant la mort du pilote et faisant trembler tout l'immeuble. Les causes de l'accident, survenu sur une tour de 54 étages, alors que la ville de New York était recouverte d'un épais brouillard, n'étaient pas immédiatement connues et faisaient l'objet d'une enquête, à la fois des autorités de la ville et du NTSB, l'agence fédérale chargée de la sécurité dans les transports, a indiqué le maire Bill de Blasio, lors d'un point de presse. «Nous n'avons aucune indication sur un quelconque lien avec le terrorisme», a-t-il déclaré aux journalistes. «Cela aurait pu être bien pire. Dieu merci personne d'autre n'a été blessé dans cet accident absolument sidérant», a-t-il ajouté.

L'accident s'est déroulé non loin de Times Square et de la Trump Tower, sur une tour de bureaux de 54 étages située sur la 7e avenue, entre les 51e et 52e rues, qui abrite notamment le siège américain de la banque française BNP Paribas, qui a été évacuée. L'hélicoptère - un appareil privé de type Agusta A109E, selon l'agence fédérale américaine de l'aviation (FAA) - avait décollé onze minutes plus tôt de l'héliport de la 34e rue. Une photo diffusée par les pompiers le montre réduit à des débris sur le toit de l'immeuble.

Le maire a indiqué n'avoir pour l'instant «aucune indication» que l'hélicoptère, répertorié
comme effectuant un vol d'affaires, avait reçu l'autorisation de décoller de la tour de contrôle de l'aéroport le plus proche, La Guardia, comme il était censé le faire. Certains médias ont affirmé qu'une interdiction de voler était en vigueur dans ce secteur à ce moment-là, en raison du manque de visibilité.

Incendie

L'appareil a pris feu en atterrissant, ont précisé les pompiers. Ils sont arrivés sur les lieux en cinq minutes mais il leur a fallu environ trente minutes pour éteindre l'incendie, a expliqué Thomas Richardson, un de leurs responsables. «Dès qu'on a un incendie dans une tour de bureaux - 54 étages, c'est environ 210 mètres de hauteur - une des difficultés est d'avoir assez de pression d'eau pour arriver jusqu'aux derniers étages du bâtiment. Mais on a des procédures pour ça», a-t-il expliqué.

Depuis Washington, le président Donald Trump a tweeté pour remercier les services new-yorkais d'intervention d'urgence. «Le gouvernement Trump est prêt à vous aider si vous avez besoin de quoi que ce soit», a ajouté l'ex-magnat de l'immobilier new-yorkais, dont la société est basée dans les étages de la Trump Tower.

Selon plusieurs témoins, l'atterrissage de l'hélicoptère a fait trembler toute la tour et le choc a été entendu dans les bâtiments alentours. «On a senti l'impact», a raconté à l'AFP Nathan Hutton, qui travaille dans le gratte-ciel. «Il était 13H35. On a senti tout le bâtiment bouger. On a pensé que c'était un tremblement de terre ou quelque chose comme ça. Puis, deux minutes après, les alarmes ont retenti et la sécurité est arrivée: Prenez tous vos sacs et sortez tout de suite ».

Le 11-Septembre dans toutes les têtes

Nathan Hutton, 59 ans, a indiqué qu'il n'y avait pas eu de panique mais «un peu de nervosité», d'autant qu'il a fallu trente minutes pour que tout le monde puisse sortir du bâtiment, et que beaucoup se souviennent des attentats du World Trade Center, transformé en gigantesque brasier le 11 septembre 2001. «Il faut comprendre: regardez le World Trade Center, combien de gens sont restés coincés en essayant de sortir du bâtiment. Ils (les gens évacués, NDLR) pensaient la même chose», a-t-il expliqué.

En attendant de connaître la cause de l'accident, beaucoup évoquaient la possibilité d'interdire les survols de l'île très densément peuplée qu'est Manhattan. Les héliports, utilisés essentiellement pour rallier les aéroports situés hors de l'île, «sont situés à la périphérie de Manhattan, au bord de l'eau», a souligné le maire. «C'est rare de voir un hélicoptère survoler les zones habitées, il faut nous assurer que cela ne se reproduira pas à l'avenir. La FAA doit regarder ça très soigneusement et se demander s'il ne faut pas durcir les règles».

Les vols «devraient être interdits, il n'y a absolument aucun endroit sûr où atterrir», a aussi déclaré Carolyn Maloney, élue new-yorkaise du Congrès des Etats-Unis. La question s'était déjà posée lors du dernier accident d'hélicoptère à Manhattan en mars 2018. Après une panne de moteur, un appareil transportant cinq touristes en quête de vues spectaculaires sur Manhattan s'était écrasé dans l'East River. Seul le pilote avait réussi à s'en sortir.

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