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Mobilisation pour demander que toute la lumière soit faite sur la mort d'Adama Traore alors qu'il était entre les mains de la police. Beaumont-sur-Oise. 22 juillet 2016. (AFP PHOTO)
© THOMAS SAMSON

Racisme

Un mouvement de défense des noirs émerge en France

Une deuxième manifestation est organisée en l’espace d’une semaine pour réclamer la vérité sur la mort d’Adama Traoré. La semaine passée, le rassemblement s’était fait sous le célèbre slogan #BlackLivesMatter

Plus de 2000 personnes sont attendues ce samedi à Paris pour demander justice et vérité sur la mort d’Adama Traoré, survenue le 19 juillet dernier. Les causes de son décès restent controversées. Les autorités concluent à une mort médicale. Les proches du jeune homme crient à la bavure policière. Le rassemblement est le deuxième en l’espace d’une semaine. Samedi passé, plus de 5000 personnes s’étaient réunies sous le slogan #BlackLivesMatter, un mouvement né aux Etats-Unis en 2013 qui dénonce les violences policières envers les noirs.

Adama Traoré, 24 ans, a été interpellé à Beaumont-sur-Oise par la police venue pour son frère, dans le cadre d’une enquête d’extorsion de fonds. Selon ce dernier, Adama serait parti en courant car il n’avait pas ses papiers d’identité sur lui. Les gendarmes l’ont poursuivi puis embarqué. Il est décédé lors de son interpellation. Selon le procureur de Pontoise, Yves Jannier, le rapport d’autopsie conclut que le jeune homme souffrait d’une «infection très grave» ayant atteint «plusieurs organes». Il n’aurait pas subi de violences.

«Les policiers jamais remis en cause»

Un collectif, «Urgence notre police assassine», qui soutient et accompagne depuis 4 ans les familles des victimes, est à l’origine de la contre-autopsie d’Adama, dont les résultats ont été publiés jeudi. «Nous avons travaillé avec un médecin légiste de confiance, explique Amal Bentounsi, membre du collectif. Les résultats démontrent qu’il y a eu asphyxie.» Mais l’explication de la cause du décès ne pourra être apportée avant fin août, toujours selon le procureur. Amal Bentounsi, dont le frère est décédé dans des circonstances similaires, pointe du doigt la ressemblance entre les histoires.

«Dans ce genre d’affaire, nous réclamons uniquement la justice et la vérité, raconte Yannick Wezet-John Nambo, Directeur des services à la Jeunesse en Seine et Marne. Pour que les forces de l’ordre préservent leur crédibilité, elles doivent dénoncer ceux qui fautent dans leurs rangs. C’est en pointant ses propres failles que la police se grandira.» Amal Bentounsi pose cependant la question de la confiance en la justice. «Les policiers ne sont jamais remis en cause. L’institut médico-légal est régi par le ministère de l’Intérieur, la police enquête sur la police.» Elle estime que l’opinion publique joue un rôle, mais que la population n’est pas toujours au courant et que les proches des victimes ne sont pas écoutées.

Divergences d'opinion

Les collectifs anti-racistes sont très actifs sur les réseaux sociaux, explique Mehdi Mahammedi, l’un des signataires de la tribune publiée dans Libération pour demander que toute la lumière soit faite sur l’affaire Adama Traoré. «Les associations plus institutionnelles, comme SOS Racisme, sont parfois critiquées, poursuit-il. Universalistes, elles sont visées par des mouvements défendant des causes particulières, comme la lutte contre l’islamophobie.» Brieuc Cudennec, conseiller à la Mairie de Paris et autre signataire de la tribune, n’est pas d’accord: «SOS Racisme reste une force, une protection pour tous et intervient sur de nombreux sujets de discrimination.»

Peut-on comparer le mouvement français #BlackLivesMatter, regroupant une dizaine de collectifs anti-racisme, à son modèle américain? «Les jeunes des banlieues sont aussi victimes de problèmes socio-économiques, argumente Mehdi Mahammedi. Des populations entières sont exclues et recluses dans des quartiers isolés.» Une opinion que ne partage pas totalement Dominique Sopo, président de SOS Racisme: «Certes, une partie de la population est victime de préjugés. Mais en France, les policiers n’abattent pas les noirs de sang-froid, ou en tout cas nous n’avons pas de preuves directes.»

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