Lundi 2 septembre 2019. Un tracteur bourré d’explosifs dévaste le quartier de Green Village, au cœur de Kaboul. Une scène d’horreur, une de plus. Seize morts et 120 blessés. Depuis l’invasion soviétique de 1979, l’Afghanistan ne compte plus les victimes de conflits qui se succèdent: plusieurs centaines de milliers de civils tués. Le peuple afghan en est à se demander s’il faut se réjouir d’un éventuel accord prochain entre talibans et Etats-Unis prévoyant un retrait américain de cinq bases militaires contre l’assurance des talibans de cesser les violences. Un accord qui permettrait d’envisager le début de la fin d’une guerre que les Etats-Unis et l’OTAN mènent en Afghanistan depuis dix-huit ans.

La diplomatie est une chose. Mais la tragédie afghane tend à passer sous silence toutes les souffrances et tous les traumatismes de celles et ceux qui ont perdu des proches. Pour avoir une chance de reconstruire un jour le pays et permettre à la société afghane d’y contribuer, «il est nécessaire d’entendre les victimes de ces violences», relève Sophia Milosevic Bijleveld, docteure en science politique de l’Université de Genève et autrice d’une thèse sur les politiques mémorielles en Afghanistan.