Plus d’un mois après l’investiture du président islamiste Mohamed Morsi, Hicham Qandil a accueilli les ministres de son futur cabinet, qui doit être formellement présenté jeudi.

Signe de l’influence toujours prégnante de l’armée, le maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA) et ministre de la Défense sortant, conserve son poste, a indiqué une source militaire. Hussein Tantaoui fut pendant vingt ans ministre de la Défense sous Hosni Moubarak puis a gardé cette fonction après la chute de ce dernier en février 2011. En tant que chef du CSFA, à qui Hosni Moubarak a remis le pouvoir en démissionnant sous la pression de la rue, il a été le premier personnage de l’Etat jusqu’à l’investiture de Mohamed Morsi fin juin dernier.

Les ministres sortants des Finances Momtaz al-Saïd et des Affaires étrangères Mohammed Kamel Amr gardent également leur portefeuille, selon la télévision Nile News, qui n’a pas donné la liste complète du nouveau gouvernement.

Le ministère de l’Intérieur, qui était détenu par Mohammed Ibrahim, passe en revanche à Ahmed Gamaleddine, l’un des adjoints du ministre de l’Intérieur et anciennement directeur de la sécurité du gouvernorat d’Assiout, au sud du Caire.

Le ministère de l’Education reviendra à Mostafa Mossaad et celui du Logement à Tarek Wafik, deux personnalités issues de la formation politique des Frères musulmans, le Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ).

Le président Morsi présidera la première réunion du nouveau gouvernement jeudi après la prestation de serment des ministres, a indiqué son porte-parole Yasser Ali, cité par le site internet des Frères musulmans.

Hicham Qandil était ministre de l’Irrigation dans le cabinet sortant du Premier ministre Kamal al-Ganzouri, nommé l’an dernier par les militaires et chargé pour le moment d’expédier les affaires courantes.

Le Premier ministre désigné a récemment «exhorté toutes les forces politiques et le peuple d’Egypte à nous soutenir dans cette difficile mission». «Nous devons déployer tous les efforts pour réaliser les objectifs de la révolution», a-t-il affirmé.

Mohamed Morsi, premier président égyptien à ne pas être issu de l’armée depuis 1952, a été investi le 30 juin. Les militaires, qui lui ont remis le pouvoir exécutif hérité d’Hosni Moubarak, disposent en revanche toujours du pouvoir législatif depuis la dissolution de l’Assemblée en juin.