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Accompagné de sa famille, Brett Kavanaugh a été reçu par Donald Trump à la Maison Blanche. /REUTERS /Leah Millis
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états-unis

Un nouveau juge anti avortement à la Cour suprême

Avec la nomination de Brett Kavanaugh, les pro-avortements redoutent un retour en arrière en matière d’interruption volontaire de grossesse. Le magistrat a été conseiller juridique de George W. Bush

Il était l’un des deux favoris. La nomination du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême confirme un glissement de la plus haute juridiction américaine vers la droite. Donald Trump a fait part de son choix lundi soir, depuis la East Room de la Maison-Blanche, en insistant sur un point: «Je ne demande pas aux juges quelles sont leurs convictions politiques, mais j’attends d’eux qu’ils sachent appliquer la loi.» Brett Kavanaugh, de son côté, a salué le fait que Trump était le «seul président» à avoir consulté aussi largement avant de procéder à une nomination. «Un juge doit être indépendant et interpréter la loi, pas faire la loi», a-t-il ajouté, devant sa femme, ses filles et ses parents plongés dans l’émotion.

Du sel sur les blessures partisanes

Lire aussi: Des juges nommés à vie, un privilège de taille

Cette nomination à vie est cruciale, la plus haute juridiction du pays étant amenée à trancher les grands débats de la société américaine. Elle doit encore être avalisée par le Sénat. Et ce ne sera pas une mince affaire: le chef de file des démocrates, Chuck Schumer, a d’ores et déjà fait savoir qu’il ne voterait pas en faveur de Brett Kavanaugh, craignant que de nombreux acquis sociaux ne soient enterrés. En 2003, il avait déclaré à propos du magistrat: «Sa nomination n’est pas juste une pincée de sel jetée sur les blessures partisanes, c’est la salière tout entière.» Les démocrates étaient alors parvenus à repousser de trois ans sa nomination par George W. Bush à la Cour d’appel de Washington, la jugeant trop partisane.

Jusqu’ici, la Cour suprême chargée de veiller à la constitutionnalité des lois était composée de cinq juges conservateurs et de quatre juges progressistes, avec Anthony Kennedy, 81 ans, jouant souvent un rôle pivot. Donald Trump a, comme pour Neil Gorsuch, le premier juge qu’il a nommé, privilégié un profil très conservateur.

Les pro-avortements redoutent que la nomination de Brett Kavanaugh, 53 ans, augmente le risque de casser l’arrêt historique Roe vs Wade de 1973, qui autorise de fait l’interruption volontaire de grossesse dans tous les Etats américains. La puissante Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) a réagi à ce propos lundi: «Cette nomination peut mettre en danger le droit à l’IVG, qui a bénéficié depuis plus de quatre décennies à des millions de femmes et de familles.» Ni Brett Kavanaugh ni Donald Trump n’ont dit le moindre mot à ce sujet, lundi soir. Le président n’a toutefois fait aucun mystère ces derniers jours sur le fait qu’il nommerait un juge anti-avortement, capable de revenir en arrière.

Lire aussi: Féroce bataille en vue à la Cour suprême

Il a collaboré dans l’affaire Monica Lewinsky

Actuellement juge à la Cour d’appel de Washington, Brett Kavanaugh a été assistant du juge démissionnaire Anthony Kennedy, qu’il devrait remplacer. Ce fervent catholique a également été conseiller juridique de l’ancien président républicain George W. Bush, et a rencontré sa future femme à la Maison-Banche, la veille des attentats du 11 septembre 2001. Elle était alors la secrétaire personnelle de George W. Bush.

Dans les années 1990, c’est lui qui avait mené l’enquête sur le suicide de Vince Foster, un ami de Bill Clinton, pris dans la tourmente à propos des investissements immobiliers du couple présidentiel. C’est lui aussi qui a collaboré avec le procureur Kenneth Starr dans l’affaire Monica Lewinsky. Grand fan de basketball, il a été le coach de l’équipe de ses filles.

Pour Donald Trump, l’essentiel désormais est que cette nomination soit avalisée par le Sénat avant les élections de mi-mandat en novembre. Tant que les républicains sont encore majoritaires.

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