A l’issue de mois de négociations, le président américain et son homologue russe Dmitri Medvedev sont convenus lors d’une ultime conversation téléphonique de signer ce traité, qui succédera à l’accord START I de 1991, lors d’une cérémonie le 8 avril à Prague, la ville où M. Obama avait énoncé au printemps 2009 son ambition d’un monde sans armes atomiques.

«Avec cet accord, les Etats-Unis et la Russie - les deux plus grandes puissances nucléaires du monde - indiquent clairement qu’elles sont prêtes à montrer la voie» en matière de lutte contre la prolifération nucléaire, a déclaré M. Obama face aux journalistes à la Maison Blanche.

De son côté, le Kremlin a estimé que «le nouveau traité élève le niveau de coopération russo-américaine dans le développement des nouveaux liens stratégiques», et M. Medvedev a observé que cet accord «reflétait l’équilibre des intérêts des deux pays».

Selon la présidence américaine, aux termes de ce traité, baptisé «nouveau START», les arsenaux nucléaires des deux pays seront limités à 1.550 ogives chacun, ce qui représente une baisse de 74% par rapport à START I et de 30% par rapport au traité de Moscou conclu en 2002.

START I avait conduit à une réduction importante des arsenaux nucléaires, tout en imposant des contrôles mutuels. Mais il avait expiré le 5 décembre 2009 sans successeur malgré des discussions qui se sont tenues pendant de longs mois à Genève.

Alors que l’administration de M. Obama avait dit dès sa prise de fonctions souhaiter un «redémarrage» dans ses relations avec Moscou, «ce traité représente un pas important en avant dans notre coopération avec la Russie», s’est félicité la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, succédant à M. Obama dans la salle de presse de la Maison Blanche.

Affirmant que «la diplomatie patiente et dotée de principes peut bénéficier à nos intérêts nationaux en produisant des résultats», la chef de la diplomatie américaine a estimé que ce traité montrerait «au monde, et en particulier à des pays comme l’Iran et la Corée du Nord», la volonté des grandes puissances de lutter contre la prolifération.

Le ministre américain de la Défense Robert Gates a affirmé que ce traité n’imposerait pas de contraintes au plan de développement et d’amélioration de la défense antimissile américaine, un sujet très sensible avec Moscou et de nature à infléchir le vote de ratification des parlementaires des deux pays.

Mais le Kremlin a assuré que le texte comprendrait une clause fixant un «lien entre les armements stratégiques offensifs et défensifs», lien qui sera «juridiquement contraignant».

A Paris, le président Nicolas Sarkozy a salué «chaleureusement» le nouveau traité, la France y voyant «un signal très important» à la communauté internationale.

Pour M. Obama, qui a convoqué les 12 et 13 avril un sommet international sur la sécurité nucléaire à Washington, cette annonce constitue un deuxième succès notable en quelques jours, après la promulgation de sa réforme de l’assurance-maladie.

Une fois signé, le nouveau traité devra encore être ratifié par 60 membres du Sénat américain, où les démocrates et leurs alliés ne contrôlent que 59 sièges sur 100.

Les républicains n’ont que très rarement dérogé ces derniers mois à leur opposition en bloc aux projets proposés par le camp de M. Obama, mais Mme Clinton a remarqué que «les questions de sécurité nationale ont toujours fourni de larges majorités bipartisanes, et je ne vois pas pourquoi ce serait différent cette fois».