«Comme beaucoup de cyclones (ndlr: ouragans ou hurricanes, pour les Américains), «Katrina» est venu des côtes du Cap-Vert à travers l'océan Atlantique. Ce qui le distingue des autres, c'est sa trajectoire qui lui a permis en très peu de temps de prendre une force incroyable au-dessus de la mer des Caraïbes, très chaude en cette saison.» Prévisionniste à Météo France Guadeloupe, Jean Lamoth rappelle que «Katrina» est le deuxième ou troisième gros «phénomène nommé» de la saison, et qu'en moyenne on en attend une vingtaine par année, de la «simple» tempête tropicale à l'ouragan de catégorie 5 sur l'échelle Saffir-Simpson.

Arrivée dans les Caraïbes la semaine dernière sous forme de tempête tropicale, «Katrina» était déjà devenue un cyclone de catégorie 1, jeudi dernier, selon le Centre national des ouragans (NHC), basé à Miami, en Floride. Puis avec une vitesse incroyable, Katrina a grimpé les échelons de l'échelle Saffir-Simpson pour arriver à son sommet (catégorie 5), dimanche. «Les ouragans se renforcent en puisant leur énergie dans les eaux chaudes (en l'occurrence des Caraïbes), jouant le rôle d'une immense soupape qui rétablit l'équilibre dans l'atmosphère, évacuant le trop-plein d'énergie accumulé par les océans», rappelle Jean Lamoth. Mais, comme on a pu le constater hier à la Nouvelle-Orléans, dès qu'il «atterrit», un cyclone perd très vite de sa puissance, même si les vents violents et les pluies diluviennes qui l'accompagnent peuvent causer d'énormes dégâts.

Enfin, si l'on constate depuis 1995 une augmentation du nombre des cyclones, rien ne permet d'affirmer que cela soit lié au réchauffement de la planète. En effet, dans les années 1950 et 1960, le nombre des ouragans était également plus grand. Il pourrait donc s'agir simplement d'une variation cyclique, avec des hauts et des bas. «Les experts sont divisés à ce sujet», explique encore Jean Lamoth, qui rappelle que les changements climatiques sont des phénomènes extrêmement complexes et étalés sur de longues périodes. «Mais, personnellement, cela ne m'étonnerait pas du tout.»