L'Arabie saoudite a adopté lundi son budget pour 2016, prévoyant un déficit de 87 milliards de dollars. En 2015, le pays, première économie arabe et premier exportateur mondial de pétrole, avait enregistré un trou budgétaire record de 98 milliards de dollars.

La raison de ce déficit: les prix bas du pétrole, qui a perdu plus de 60% de sa valeur depuis l'été 2014. Les analystes estiment que Ryad est en partie responsable de cette baisse des cours en raison de son insistance à défendre ses parts de marché plutôt que les prix.

Fini les subventions publiques sur l'eau, le carburant et l'électricité

Pour faire des économies, le ministère des Finances a précisé que le gouvernement saoudien allait réviser les prix de l'électricité, de l'eau et des produits pétroliers, largement subventionnés dans le royaume, dans le cadre de mesures d'austérité.

Le royaume saoudien entend également augmenter les taxes sur les services, imposer de nouvelles taxes et introduire une TVA. Le FMI avait demandé avec insistance ces dernières années aux pétromonarchies du Golfe de réduire les subventions et d'oeuvrer à une diversification de leurs économies.

Les dépenses militaires concentrent un quart du budget

Le budget militaire reste lui épargné. L'Arabie saoudite, de plus en plus engagée dans des conflits au Moyen-Orient, consacrera en 2016 51,9 milliards d'euros. Ces dépenses occupent le premier poste, soit 25,4% du budget du royaume. En mars, l'Arabie saoudite avait pris la tête d'une coalition arabo-sunnite qui combat au Yémen des rebelles chiites accusés de liens avec l'Iran.

L'Arabie saoudite figure parmi les principaux acheteurs d'armes dans le monde. Selon un rapport du cabinet d'experts IHS Janes, basé à Londres, l'Arabie saoudite a dépassé l'Inde pour devenir en 2014 le premier importateur mondial d'équipements militaires, avec des importations atteignant 6,4 milliards de dollars.