Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI), a appelé mercredi la communauté internationale à lancer «une sorte de plan Marshall» pour Haïti, dévastée il y a huit jours par un séisme.

«Mon sentiment est qu’Haïti, qui a été frappée de manière exceptionnelle par différentes choses, la crise des prix de l’alimentation et du pétrole, puis les ouragans, puis le séisme, a besoin de quelque chose de grand», a affirmé Dominique Strauss-Kahn dans une déclaration à Hong Kong publiée sur le site internet du FMI.

«Pas seulement une approche au coup par coup, mais quelque chose qui soit beaucoup plus vaste pour traiter la reconstruction du pays: une sorte de plan Marshall que nous devons mettre en place maintenant pour Haïti», a-t-il ajouté.

Le plan Marshall, lancé par les Etats-Unis après la Seconde Guerre mondiale, avait financé la reconstruction de l’Europe de l’Ouest.

Dominique Strauss-Kahn a ajouté que ce plan devrait comprendre l’annulation de la dette d’Haïti.

«Le plus important est que le FMI travaille aujourd’hui avec tous les donateurs pour essayer d’effacer toute la dette haïtienne, y compris notre nouveau prêt», a-t-il expliqué.

Le FMI avait annoncé jeudi qu’il comptait étendre son aide à Haïti en ajoutant 100 millions de dollars à son prêt actuel au pays.

«Si nous y parvenons, et je suis sûr que nous y parviendrons, même ce prêt se transformera pour devenir finalement une aide directe, car toute la dette aura été effacée», a ajoutéle directeur du FMI.

Le monde mobilisé

Une semaine après le séisme qui a ravagé Haïti, les dons pour l’aide aux victimes se chiffrent à 1,37 milliard de dollars à travers le monde, annoncé l’ONU mercredi. Ce montant comprend les dons et les promesses de dons des pays, des particuliers et des organisations.

L’argent déjà versé atteint jusqu’ici 417 millions de dollars, alors que les promesses s’élèvent à 951 millions de dollars, précise le site www.reliefweb.int. L’ONU y recense tous les dons qui sont portés à sa connaissance.

Cette aide comprend la réponse à l’appel de l’ONU, l’aide bilatérale (de pays à pays) et celle faite directement à des ONG comme la Croix-Rouge, a expliqué l’ONU.