«Rien n’a manqué dans la panoplie du parfait candidat : le bilan pro domo, les attaques sur la gauche, la fraude et les étrangers sur la droite, les marchandages PS-Verts, Schengen et Maastricht à la poubelle. Au point même que l’on peut se demander s’il n’en a pas trop fait en dévoilant déjà sa stratégie de campagne par le menu.», affirme Daniel Ruiz dans La Montagne.

Dans Sud-Ouest, Bruno Dive rapporte que «sans cesse sous le président perçait le candidat.» «À croire que, par ses attaques convenues contre la retraite à 60 ans, les 35 heures et la VIe République, Nicolas Sarkozy a absolument voulu donner raison aux socialistes, qui l’accusent de faire campagne aux frais de l’État», s’amuse-t-il.

De son côté, Nicolas Demorand estime dans Libération que «le premier meeting de campagne de Nicolas Sarkozy à Toulon fut raté.» «D’abord parce qu’à aucun moment il ne trouva le ton juste: on ne sort pas indemne d’un quinquennat de parole ultrasécurisée, de conférences de presse verrouillées, d’interviews taillées sur mesure avec des journalistes triés sur le volet», explique-t-il.

«Et maintenant, il veut refonder l’Europe...»

«Président ou candidat, le personnage du Janus élyséen est bien installé, la dialectique de campagne rodée. Il nous mijote un slogan du genre : dans un monde en désordre, confiez votre destin à celui qui dit la vérité !» prédit Didier Louis du Courrier Picard, dans un éditorial joliment baptisé «et maintenant, il veut refonder l’Europe...»

Dans La République des Pyrénées, Jean-Marcel Bouguereau juge également que «le Président a bien montré qu’il était surtout un candidat en campagne.», avec un discours «sans perspective» oùil y en avait pour tous les goûts».

«Puisque Nicolas Sarkozy a placé son grand discours de +Toulon II+ sous le signe de la vérité, il aurait pu avouer carrément ses intentions pour 2012. Derrière le président de la République, le candidat Sarkozy a eu, en effet, bien du mal à se cacher et à taire ses +piques+ à l’adresse de la gauche. Ce meeting varois a donc quasiment pris des allures de convention d’investiture», s’agace Jacques Camus (La République du Centre).

«Nicolas Sarkozy trempe un orteil supplémentaire dans le bain de la campagne présidentielle», note Philippe Waucampt dans Le Républicain Lorrain. Qui souligne qu’auijourd’hui, «on ne rase plus gratis.»

Ils sont plusieurs à penser, tel Hervé Cannet (La Nouvelle République du Centre-Ouest) que «ce meeting de Toulon avait la longueur, la couleur, et l’ardeur d’un lancement de campagne.»

Dans Paris-Normandie, Michel Lépinay fait chorus et calcule qu’à «vouloir aborder tous les sujets du moment, de la fraude aux prestations sociales aux dangers d’une immigration incontrôlée, en passant par la +catastrophe+ des 35 heures ou de la retraite à 60 ans et la promesse d’un sommet social en janvier, c’est bien un discours d’entrée en campagne qu’il a servi à son auditoire.Avec une contradiction à résoudre : mettre en valeur l’action qu’il a menée depuis trois ans, depuis le premier discours de Toulon, dans lequel il avait promis de « refonder le capitalisme », en évitant le redoutable exercice du bilan qui ne lui serait pas favorable»