L’Arabie saoudite pourrait, elle aussi, être touchée par les troubles qui embrasent le monde arabe si elle ne fait pas des réformes urgentes, a déclaré un membre de la famille royale saoudienne à la BBC en arabe jeudi. «Tout peut arriver si le roi Abdallah n’engage pas un programme de réformes politiques», a déclaré le prince Talal bin Abdul-Aziz Al Saud, pour qui le souverain saoudien «est la seule personne à pouvoir mener ces réformes».

«Quand il sera parti – et je souhaite que ça n’arrive que très tard – les problèmes latents vont remonter à la surface […] Il faut résoudre ces problèmes tant qu’il est en vie», a-t-il dit, ajoutant: «Si les autorités ne s’intéressent pas davantage à ce que réclame le peuple, tout peut arriver dans ce pays.»

Ancien ambassadeur en France, le prince Talal plaide depuis longtemps pour des réformes dans ce pays qui tire sa richesse du pétrole. En 1958, il a formé un groupe politique d’inspiration libérale, le «mouvement des princes libres», en réaction à l’hostilité entre les anciens rois Saoud et Fayçal. Pour cette raison, il est improbable qu’il puisse un jour devenir roi.

Le mouvement de contestation qui a abouti au renversement des présidents Ben Ali en Tunisie et Moubarak en Egypte s’est étendu à Bahreïn, dans la péninsule arabique: l’armée de ce petit royaume s’est déployée en force jeudi à Manama, après la répression par la police d’une manifestation anti-régime qui a coûté la vie à au moins trois manifestants. «Eh bien, ce qui se passe dans cette zone m’a surpris, vraiment. Je ne m’y attendais pas et personne d’autre ne s’attendait à ce qui s’est passé», a reconnu le prince Talal.