C’était il y a à peu près une année, en avril 2014. Une dépêche lapidaire annonçait: «Pour son plaisir, un prince saoudien massacre 2000 oiseaux menacés d’extinction» Ajoutons: et protégés. Suivait le récit accablé de Jaffar Baloch, le chef du service de la faune dans le district baloutche de Chagai, au Balouchistan, qui narrait les hauts faits du prince saoudien Fahd Ben Sultan Ben Abdulaziz: amoureux de l’art ancestral de la fauconnerie, son altesse avait tué à lui seul 1977 outardes houbara, via ses redoutables faucons de chasse. Ses accompagnants se contentant d’achever les 123 restants. Pour s’être ouvert de ce massacre à la presse, Jaffar Baloch a été, depuis, transféré dans un autre district.

Le massacre est à nouveau agendé

Les mêmes causes produiront-elles les mêmes effets cette année? L’Agence France Presse nous apprend en effet que Fahd Ben Sultan Ben Abdulaziz remet cela: un avion C-130 vient d’acheminer les faucons dressés à l’ouvrage. La chasse devrait avoir lieu dans la région du désert de Yak Much. Les dérogations VIP (l’espèce est protégée) ayant été délivrées par le gouvernement central.

Le site d’information Dawn.com note toutefois que la Haute cour du Balouchistan a révoqué plusieurs permis délivrés plus tôt dans l’année. Et que cela pourrait concerner également la chasse organisée par le prince. Mais le site note également que personne ne se fait trop d’illusion sur le passage en force des décisions de la Cour: à chaque fois les défenseurs des espèces menacées finissant par être punis.

On s’en doute, la nouvelle émeut passablement les réseaux sociaux. Des photos d’abord:

Des constatations amères de l’inanité des mesures de protection ensuite, quand certaines autorités pakistanaises faiblissent devant la richesse et la puissance des princes de ce monde:

Et puis enfin, ce hashtag de ralliement: No to #HoubaraBustard hunting: