Deuxième pays le plus peuplé de la planète après la Chine, avec 1 milliard 65 millions d'habitants, l'Inde est la plus grande démocratie du monde. Pour renouveler les 545 députés de la Chambre basse du parlement (Lok Sabha), plus de 670 millions d'électeurs seront appelés aux urnes en cinq phases (les 20, 22 et 26 avril, puis les 5 et 10 mai) dans les 28 Etats et 7 territoires qui composent l'Union indienne.

Ce processus électoral marathon, qui s'achèvera le 13 mai avec l'annonce des résultats, a été lancé cinq mois plus tôt que prévu, le parti au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP, Parti du peuple indien) du premier ministre Atal Behari Vajpayee, ayant voulu profiter à fond d'une conjoncture économique favorable (croissance projetée à 8%) et d'un climat de détente exceptionnel avec le Pakistan.

Plus grand exercice électoral jamais entrepris sur la planète, le scrutin se déroulera dans plus de 700 000 bureaux de vote où ont été installées plus d'un million de machines à voter électroniques. Deux millions d'agents électoraux et deux millions de membres des forces de sécurité seront mobilisés à travers le pays. La campagne a été marquée par quelques actes de violence attribués à des groupes armés maoïstes et aux rebelles islamistes du Cachemire qui ont appelé au boycottage du scrutin.

Toutes les enquêtes d'opinion indiquent que M. Vajpayee, 79 ans, reste de loin la personnalité politique la plus populaire du pays et que Sonia Gandhi, 57 ans, présidente du Parti du Congrès (centre gauche) et chef de l'opposition parlementaire, ne semble pas en mesure de l'inquiéter. Le BJP, qui disposait de 179 députés dans la précédente législature, espère dépasser les 200 sièges et conserver ainsi sa première place sur l'échiquier politique du pays.

Le Congrès «pas au mieux»

Le Parti du Congrès, qui a gouverné l'Inde pendant près de quarante-cinq ans et disposait de 109 sièges dans la précédente législature, est en difficulté depuis une cinglante défaite face au BJP lors de trois grandes élections régionales, le 1er décembre. Dans une interview publiée par le quotidien Hindustan Times, Sonia Gandhi a admis que son parti n'était «pas au mieux de sa forme» dans deux grands Etats, l'Uttar Pradesh (nord) et le Bihar (est), qui fourniront 120 des 545 députés de la 14e Lok Sabha.

Les origines italiennes de Mme Gandhi, veuve de l'ex-premier ministre assassiné Rajiv Gandhi, ont, une nouvelle fois, été dénoncées par les nationalistes hindous. Dans la dernière ligne droite, Mme Gandhi a reçu le renfort de son fils, Rahul, 33 ans, qui brigue un mandat de député dans le nord de l'Inde, avec l'espoir de rallier l'électorat jeune.