Radislav Brdjanin, député du parlement de la Republika Srpska (entité serbe de Bosnie), a passé sa première nuit complète dans la prison du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPI), après avoir été arrêté devant son appartement de Banja Luka par les soldats britanniques de la SFOR.

Plus haut responsable civil bosno-serbe entre les mains du TPI, Radislav Brdjanin, est inculpé de crimes contre l'humanité pour son rôle dans la purification ethnique dans les régions bosniaques de Prijedor et Sanski Most. Ce politicien de 47 ans était président du comité de crise de la «Région autonome de Krajina», créé par Radovan Karadzic pour prendre le pouvoir dans les zones contrôlées par les Serbes de Bosnie. Prijedor est connu pour avoir abrité plusieurs camps de concentration de prisonniers musulmans où meurtres et tortures étaient monnaie courante.

L'ancien proche de Karadzic (inculpé, avec le général Mladic, de génocide) fait partie de ces individus secrètement accusés par le TPI. Son acte d'accusation n'a donc été publié que mercredi. De ce document, il ressort que cet ancien ingénieur, qui fut vice-président du gouvernement serbe de Bosnie et ministre de la Construction, est inculpé «à titre individuel et en tant que supérieur hiérarchique». Le comité de crise a, «durant toute son existence, coordonné et concrétisé le plan général de purification ethnique de la région de Krajina», affirme l'accusation. Ce plan s'est déroulé selon un schéma désormais connu: attaque de villages, meurtres et déportation des populations civiles, création de camps de détention. Tous ces actes, dans la période allant du 1er avril au 31 décembre 1992, ont été «planifiés, initiés, ordonnés, commis ou perpétrés avec l'aide» de l'accusé. Radislav Brdjanin était le responsable hiérarchique des militaires serbes en charge des camps de prisonniers Omarska, Keraterm et Trnopolje.

A ce jour, Louise Arbour, la procureure du TPI démissionnaire, a publié 26 actes d'accusation contre 89 personnes. A ceci s'ajoute un nombre inconnu d'inculpations «sous scellés». Louise Arbour, s'est engagée à «continuer à faire usage de ces actes d'accusation secrets qui ont prouvé à maintes reprises leur utilité».