Diplomatie

Un proche de Trump probable nouvel ambassadeur des Etats-Unis à Genève

Andrew Bremberg, 40 ans, est actuellement le directeur du conseil de politique intérieure de Donald Trump. Il connaît très bien les rouages de Washington. Si le Sénat confirme sa nomination, il aura une relation privilégiée avec le président américain

Depuis le 20 janvier 2017, date de l’investiture du président Donald Trump, le poste de chef de la mission des Etats-Unis auprès de l’ONU à Genève est vacant. Nommée par Barack Obama, l’ambassadrice Pamela Hamamoto a dû quitter précipitamment sa fonction sans qu’on lui ait demandé d’assurer la transition. C’est le chargé d’affaires ad interim Mark Cassayre qui fait «tourner» la maison depuis le mois d’août. Les choses devraient toutefois bientôt changer. Le site de la Maison-Blanche a annoncé le 26 septembre la volonté de Donald Trump de nommer Andrew Bremberg.

Cet Américain de 40 ans est actuellement l’assistant du président Trump et directeur du conseil de politique intérieure. Il a joué un rôle majeur dans la politique de dérégulation menée par la Maison-Blanche et dans la tentative des républicains du Congrès d’abroger l’Affordable Care Act, la réforme de la santé mise en œuvre sous l’administration Obama. L’Organisation mondiale de la santé faisant partie des dossiers dont il devra s’occuper, il peut faire valoir une grande connaissance des questions sanitaires. De 2001 à 2009, il a travaillé au Département de la santé sous la présidence de George W. Bush. Il a aussi été le responsable du dossier assurance maladie dans l’équipe de transition de Donald Trump au lendemain de l’élection du milliardaire new-yorkais.

Position privilégiée

Son pedigree ne laisse planer aucun doute: il représente l’establishment républicain très conservateur. Il a conseillé le chef de file républicain du Sénat, le dogmatique Mitch McConnell. Il a aussi officié en qualité de conseiller politique d’un candidat à la Maison-Blanche, le gouverneur du Wisconsin Scott Walker, réputé pour avoir mené la guerre aux syndicats. Enfin, en 2012, il a travaillé au sein de l’équipe de campagne de Mitt Romney, candidat malheureux à la Maison-Blanche.

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Le profil d’Andrew Bremberg tranche avec certaines nominations d’ambassadeurs qui récompensent parfois de généreux donateurs ou des personnalités proches du président. Diplômé en psychologie et théologie de l’Université franciscaine de Steubenville et de la Catholic University of America, le futur ambassadeur, qui doit toutefois encore être confirmé par le Sénat, connaît bien les rouages de la machine politique de Washington. Cet atout pourrait ne pas être négligeable, le mettant, en tant qu’ambassadeur, en position privilégiée par rapport au président Trump.

Sa position à Genève ne sera toutefois pas simple. L’administration Trump mène une politique d’attaque en règle contre les organisations multilatérales. Elle vient de claquer, en juin dernier, la porte du Conseil des droits de l’homme (CDH), estimant que ce dernier laisse les pires violateurs des droits de l’homme y siéger et qu’il est fondamentalement anti-Israël. Sa mission tranchera avec l’ère Obama. Le président démocrate avait fortement investi dans la Genève internationale, nommant une ambassadrice cheffe de mission, Betty King, puis Pamela Hamamoto ainsi qu’une ambassadrice auprès du CDH, Eileen Chamberlain Donahoe, remplacée plus tard par l’Amérindien Keith Harper.

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