Le gouvernement britannique a publié jeudi soir un projet d'accord visant à rétablir le gouvernement local en Irlande du Nord, à l'arrêt depuis trois ans jour pour jour. L'assemblée locale de Stormont doit se réunir vendredi à Belfast.

Pour entrer en vigueur, l'accord doit être approuvé par les unionistes du DUP et les républicains du Sinn Fein, qui doivent se partager la gouvernance de la province britannique. Et ce en vertu de l'accord de paix du Vendredi Saint de 1998, qui a mis un terme aux «Troubles» entre républicains (majoritairement catholiques) et unionistes (surtout protestants), violences qui ont fait près de 3500 morts en 30 ans.

«C'est un moment de vérité pour l'accord de Belfast», a souligné dans un communiqué le ministre chargé de l'Irlande du Nord Julian Smith, appelant les parties à se réunir et former un gouvernement «dans l'intérêt de l'Irlande du Nord».

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Le DUP favorable au projet d'accord

La cheffe du DUP Arlene Foster a semblé accueillir favorablement ce projet d'accord: «Nous pensons qu'il y a une base sur laquelle l'Assemblée et l'exécutif peuvent être rétablis d'une manière juste et équilibrée.»

De son côté, la cheffe du Sinn Fein Mary Lou McDonald a indiqué que son parti, qui doit se réunir vendredi, examine le texte «avec attention».

«Il n'est pas nécessaire, et l'opinion publique n'a plus la patience, de poursuivre le processus et les discussions», a déclaré le ministre des Affaires étrangères irlandais Simon Coveney. Il a publié le projet d'accord avec Londres, reflétant ainsi le rôle de la République d'Irlande dans les accords de paix. Et il a appelé les deux parties «à s'engager collectivement à faire en sorte que la politique profite à la population».

Le risque de nouvelles élections régionales

Un scandale politico-financier avait fait tomber la précédente coalition gouvernementale en janvier 2017 et plusieurs séries de négociations depuis n'ont pas permis de lever le blocage. Les discussions ont repris le 16 décembre.

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Si l'exécutif n'était pas restauré au 13 janvier, le gouvernement de Londres devrait convoquer des élections régionales.

L'enjeu est d'autant plus crucial que l'assemblée locale, actuellement paralysée, est censée avoir son mot à dire dans les dispositions douanières controversées visant à éviter le retour d'une frontière physique avec la République d'Irlande après le Brexit.