Pour la première fois aussi sévèrement, les Etats-Unis ont condamné les violations des droits de l'homme commises par l'armée israélienne à l'encontre des Palestiniens depuis l'éclatement de l'Intifada, fin septembre. Dans le même rapport annuel, publié hier, le Département d'Etat critique aussi les Palestiniens.

Jugées «sérieuses», les violations israéliennes concernent surtout «l'utilisation excessive de la force» par l'armée, «en violation de ses propres règles», aussi bien contre les Palestiniens que contre les Arabes israéliens. Plus de 300 Palestiniens ont été tués par l'armée en l'an 2000 et au moins 11 300 ont été blessés, rappelle le rapport. Le Département d'Etat critique aussi la politique «d'élimination» des Palestiniens présentés par Israël comme des terroristes, ainsi que les conditions réservées aux détenus palestiniens, privés d'espace, de nourriture et de soins médicaux.

Les forces de sécurité palestiniennes sont, elles aussi, jugées coupables d'avoir «tué de nombreux soldats israéliens et des civils dans le cycle des violences». Les Palestiniens ont lancé plus de 3000 attaques armées contre Tsahal ou des civils israéliens depuis septembre, souligne le rapport.

S'ajoutant aux critiques émises par des organisations de défense des droits de l'homme, ce rapport pourrait encourager la Commission des droits de l'homme à accuser une nouvelle fois Israël lors de sa prochaine réunion à Genève. L'Etat hébreu a tenté sans succès de s'opposer à la publication de ce chapitre du rapport américain en arguant que ces violences faisaient déjà l'objet d'une autre enquête, menée par la «Commission Mitchell», dont la création avait été approuvée l'année dernière lors d'une réunion à Charm el-

Cheikh. Dans l'intervalle, pourtant, Israël a décidé de refuser de collaborer avec cette commission, mettant en avant des questions de procédure.

Hier, Israël rejetait les conclusions de ce rapport plaidant que sa réponse avait été «proportionnée» dans le contexte «d'un conflit armé marqué par des actes terroristes quotidiens». Un membre de l'Autorité de Yasser Arafat écartait lui aussi les critiques dirigées contre les Palestiniens.