Les prisons du commandant Massoud renferment quelque 450 talibans. La plupart sont des Afghans pachtounes originaires de Kandahar (sud) ou des provinces avoisinantes. Mais lors des derniers combats, les moudjahidin ont capturé huit étrangers: six Pakistanais et deux Chinois, des Ouïgours musulmans. Une poignée de talibans arabes – algériens, yéménites, égyptiens – seraient par ailleurs détenus dans le nord, près de Taloqan.

Les témoignages de ces prisonniers étrangers mettent en lumière les filières de recrutement et l'ingérence étrangère, en particulier celle d'Islamabad. «J'ai étudié dans une madrasa (école coranique) à Karachi depuis l'âge de 5 ans, explique ainsi Abdallah, 17 ans, à la barbe naissante. En juin, mon professeur Saidelhak Abdelhamid m'a demandé d'aller en Afghanistan pour le djihad. A Sheberghan (nord), un instructeur pakistanais m'a appris à manier la kalachnikov. On nous a dit que les Russes étaient en Afghanistan. Maintenant que je suis prisonnier, j'ai découvert qu'il n'y en a plus depuis dix ans et que les moudjahidin étaient aussi musulmans.» Pour assurer le renouvellement de leurs troupes, les talibans viendraient de recruter plusieurs milliers d'étudiants en religion au Pakistan. F. M.