L’essentiel

Les dirigeants du G7 ont présenté un plan de lutte contre les épidémies et veulent distribuer un milliard de doses. 

Un responsable de l'Agence européenne du médicament souhaite interdire le vaccin AstraZeneca 

Le continent africain se trouve sous la menace d’une troisième vague qui touche déjà l’Afrique du Sud. Suite à un défaut de fabrication, le pays doit se débarrasser de deux millions de vaccins.

Retrouvez notre suivi de la journée de dimanche.


■ Les dirigeants offrent des millions doses, mais cela reste insuffisant

Les dirigeants des grandes puissances rassemblés en Cornouailles, dans le sud-ouest de l'Angleterre, pour participer au G7, ont affirmé ce dimanche leur volonté de mettre fin à la pandémie de Covid-19 en distribuant en grande quantité des vaccins. Le sommet de trois jours s'est achevé ce dimanche 13 juin et les leaders ont partagé leurs conclusions.

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Parmi elles, la redistribution de doses de vaccins anti-Covid d'ici la fin 2022 pour combler le retard d'immunisation dans les pays pauvres et favoriser une reprise plus égalitaire. «Les dirigeants se sont engagés pour plus d'un milliard de doses» en les finançant ou via le dispositif de partage Covax, s'est félicité le premier ministre britannique Boris Johnson.

Ce qui porte à deux milliards les engagements totaux depuis le début de la crise sanitaire. C'est bien trop peu, déplorent de nombreux acteurs, des ONG et l'Organisation mondiale de la santé, selon qui au moins 11 milliards de doses sont nécessaires pour en finir avec la pandémie.

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Les dirigeants du G7 ont également défini un plan de bataille dans l'espoir que le monde soit prêt en moins de 100 jours pour faire face à une nouvelle pandémie. Ils ont également demandé une enquête plus approfondie de la part de l'OMS sur l'origine du virus en Chine pour savoir s'il pourrait effectivement provenir d'un accident de laboratoire.


■ Le G7, pour la tenue des Jeux olympiques 

Les grandes puissances du G7 apportent leur soutien à la tenue des Jeux olympiques de Tokyo qui auront lieu entre le 23 juillet et 8 août 2021. Les JO avaient été reportés d'un an en raison de la pandémie.

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Les dirigeants souhaitent que l'événement se tienne cette année «de manière sûre, comme un symbole d'unité mondial pour surmonter le Covid-19», déclarent-ils par voie de communiqué ce dimanche 13 juin. 


■ A Moscou, se faire vacciner pour participer à des loteries

Pour encourager ses administrés à se faire vacciner contre le coronavirus, face à la hausse de nouvelles contaminations, le maire de Moscou a annoncé ce dimanche 13 juin la mise en place d'une loterie pour gagner une voiture. Une annoncer qui intervient au lendemain de sa décision de de décréter une semaine chômée du 12 au 20 juin pour endiguer la propagation de coronavirus dans la capitale russe.

«Du 14 juin au 11 juillet, les citoyens qui auront eu leur première injection du vaccin contre le Covid-19 pourront participer à une loterie pour gagner une voiture», a ainsi déclaré Sergueï Sobianine dans un communiqué publié sur son site officiel. Chaque semaine, cinq voitures d'une valeur d'environ 1 million de roubles chacune seront en jeu. «Mais bien sûr, le gain principal pour ceux qui se feront vacciner ne peut être comparable à aucune voiture, a-t-il souligné. C'est leur propre santé et équilibre spirituel»

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Les autorités de la région de Moscou ont annoncé dans la foulée mettre en place une loterie pour gagner un appartement de trois pièces pour ceux qui auront eu leur première injection du vaccin anti-Covid entre le 15 et le 25 juin.

La Russie l'un des pays les plus touchés par la pandémie, mais la campagne de vaccination lancée en décembre traîne sur fond de méfiance générale de la population. Depuis décembre, à peine 18 millions de Russes, soit environ 12% de la population, ont reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid, selon les chiffres officiels. La Russie a enregistré, ce 13 juin, 14 723 nouveaux cas de coronavirus, dont 7 704 cas à Moscou, de loin le pire foyer de l'épidémie dans le pays, et 953 cas dans sa région


■ Un responsable de l'Agence européenne du médicament veut abandonner le vaccin AstraZeneca 

Il serait préférable d'arrêter le vaccin d'AstraZeneca contre le Covid-19 pour toutes les tranches d'âge quand des alternatives sont disponibles. C'est ce qu'a déclaré un haut responsable de l'Agence européenne du médicament, ou EMA, dans une interview publiée ce dimanche 13 juin dans le journal italien La Stampa. Marco Cavaleri, responsable de la stratégie vaccinale à l'EMA, a également déclaré que le vaccin de Johnson & Johnson devrait être utilisé de préférence pour les plus de 60 ans.

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Ces deux vaccins à vecteur viral ont été approuvés par le régulateur européen pour les plus de 18 ans, mais ont fait l'objet de rapports faisant état de rares caillots sanguins. L'Union européenne a également autorisé deux autres vaccins, à ARN messager, ceux de Pfizer/BioNTech et Moderna.

L'Italie a déjà restreint ce samedi 12 juin l'utilisation du vaccin AstraZeneca aux personnes âgées de 60 ans et plus, en raison des risques accrus pour la santé des plus jeunes. Interrogé pour savoir s'il ne serait pas préférable d'interdire AstraZeneca, y compris pour les plus de 60 ans, Marco Cavaler a répondu: «Oui, et c'est une option que de nombreux pays, comme la France et l'Allemagne, envisagent à la lumière de la disponibilité accrue des vaccins à ARN messager.»

Consultez  notre suivi de la logistique des vaccins

La technologie de l'ARN messager consiste à injecter dans nos cellules des brins d'instructions génétiques pour leur faire fabriquer des protéines ou «antigènes» spécifiques du coronavirus. Ces protéines vont être livrées au système immunitaire, qui va alors produire des anticorps.

Les vaccins à «vecteur viral», comme ceux d'AstraZeneca et de Johnson & Johnson, utilisent comme support un autre virus, qu'on modifie afin qu'il transporte dans l'organisme des informations génétiques permettant de combattre le Covid. Tous deux utilisent comme support un type de virus très courant appelé adénovirus.


■ La moitié de la population française a reçu une dose de vaccin

30 millions de Français ont déjà reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19, a annoncé ce samedi 12 juin le Premier ministre Jean Castex. La barre des 30 millions, soit la moitié de la population française, a donc été franchie samedi 12 juin, avec trois jours d’avance sur la date fixée par le gouvernement. Un signal positif pour le premier ministre français qui a appelé sur Twitter à «gagner la bataille contre le virus.»


■ Deux millions de vaccins retirés en Afrique du Sud

Le pays vient d’entrer dans une troisième vague et souffre déjà d’un retard dans la vaccination de ses citoyens. L’Afrique du Sud a annoncé ce dimanche 13 juin devoir retirer deux millions de vaccins Johnson & Johnson, ou J&J, en raison d'«un problème de non-conformité» lors de leur fabrication aux Etats-Unis.

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L’agence sud-africaine du médicament, Sahpra, a indiqué dans un communiqué avoir «pris la décision de ne pas distribuer les vaccins produits à partir de lots de composants médicamenteux non appropriés.» Les autorités américaines ont annoncé vendredi dernier que «plusieurs lots», soit plusieurs millions de doses, fabriqués à Baltimore et dont la production avait dû être stoppée il y a plusieurs semaines, devront être jetés. Des tests avaient révélé que des composants du vaccin britannique AstraZeneca, fabriqué dans la même usine, avaient été mélangés par erreur à la formule de J&J.

La ministre de la Santé sud-africaine, Mmamoloko Kubayi-Ngubane, qui a reconnu «un pas en arrière dans le programme de vaccination», avait précisé samedi 12 juin que les lots concernés sont ceux actuellement stockés dans un laboratoire de haute technologie à Port Elizabeth, dans le sud du pays. Le laboratoire sud-africain Aspen importe les composants du vaccin J&J sur ce site et les conditionne sur place.


■ Inquiétude en Grande-Bretagne

En marge du G7 (lire ci-dessous), le premier ministre britannique Boris Johnson a averti que la propagation au Royaume-Uni du variant Delta du coronavirus, apparu initialement en Inde, est «très préoccupante», faisant craindre un report de la levée des dernières restrictions anti-Covid.

«Il est clair que le variant indien est plus transmissible et que les cas et les niveaux d’hospitalisation augmentent», a-t-il déclaré à Sky News, laquelle le qualifie de «moins optimiste».

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■ L’Afrique sous la menace d’une troisième vague

L’AFP a dressé un état des lieux chiffré du virus en Afrique. Il apparaît que plus de 5 millions de personnes ont été infectées en Afrique depuis le début de la pandémie.

Le continent, qui se trouve sous la menace d’une troisième vague, est la seule région du monde où la pandémie a progressé (+30%) la semaine passée alors que la pandémie a décéléré pour la sixième semaine consécutive à l’échelle mondiale (-14%).

L'Afrique reste toutefois, après l’Océanie, le continent le moins touché par la pandémie en nombre de cas comme en nombre de décès.


■ Le plan défendu par les dirigeants du G7

En sommet en Cornouailles, les chefs d’Etat du G7 ont présenté un plan de bataille contre les futures pandémies, initiative qualifiée d'«historique» par Londres.

Le document comprend une série d’engagements pour empêcher une nouvelle pandémie. Il s’agira de réduire le délai pour développer des vaccins, des traitements et des diagnostics, avec l’espoir que le monde soit prêt en moins de 100 jours pour faire face à une maladie soudaine.

L’autre volet portera sur un renforcement de la surveillance sanitaire et la mise en place d’une réforme pour renforcer l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Un objectif ardu sans la Chine, laquelle apprécie peu le G7, qu’elle a qualifié de «clique» formée par Washington.

Cette déclaration ne tranche toutefois pas l’épineuse question de la suspension des brevets sur les vaccins, afin d’accélérer leur production.