Sur la vitrine d’une boutique Bagelstein du centre de Paris, cette inscription à la peinture jaune: «Juden» («Juifs» en allemand). Sur le visage de Simone Veil dessiné sur des boîtes aux lettres par l’artiste Christian Guémy («C 215»), des croix gammées peintes en noir. Sur un mur, l’inscription «truie juive». Sur l’immeuble du Monde, le tag «Micron Rothschild parce qu’il se vend bien. La putain de la youtrerie universelle».

A Sainte-Geneviève-des-Bois, en banlieue parisienne, deux arbres avaient été plantés près de la plaque en hommage à Ilan Halimi, un jeune homme torturé à mort en 2006 par le «gang des barbares», qui le croyait riche parce que juif. L’un des arbres a été coupé, l’autre en partie sectionné. Sur les réseaux sociaux, signés de courageux anonymes, on trouve aussi des «Brigitte Macron pute à juifs», des «Macron saleté juive», avec toujours des allusions à la banque Rothschild, où a travaillé naguère le président de la République, qui suscite des réactions de haine comme aucun chef d’Etat français avant lui.