L'actuelle crise gouvernementale n'est pas sans précédent: de novembre 1962 à mars 1963, socialistes et conservateurs s'étaient déjà livrés à un exercice comparable. Il leur fallut alors cent trente jours pour mettre sur pied une équipe. Les Autrichiens commencent à trouver aujourd'hui l'affaire lächerlich (ridicule). Mais ils se doutent bien qu'ils n'échapperont pas aux restrictions budgétaires.

Certains commencent à reprocher au président Klestil son manque d'imagination. La Constitution ne l'oblige pas, en effet, à confier la formation d'un nouveau gouvernement au chef d'un parti politique. Il pourrait désigner une personnalité indépendante. A charge pour celle-ci de trouver la confiance du parlement pour elle-même et les ministres qu'elle choisirait. Un tel gouvernement serait sous le contrôle du parlement, comme la Constitution le prévoit. L'assainissement du budget, les réformes économiques, l'intégration européenne, la politique de sécurité: sur chacun de ces thèmes pourraient sans doute se réunir des majorités variables et différenciées.