Vingt ans après la chute de la dictature communiste, les Roumains votent ce dimanche pour élire leur président dans un pays sévèrement frappé par la crise économique et dirigé par un exécutif déchu depuis près de deux mois.

«Le futur président devra former un gouvernement et nous sortir du désastre économique», soulignait le quotidien Evenimentul Zilei, qualifiant le scrutin d’un «des plus importants des 20 dernières années» dans ce pays de 22 millions d’habitants.

Récession profonde

Après une décennie de forte croissance, l’économie a plongé dans une récession profonde en 2009 et le Fonds monétaire international a conditionné le versement d’une nouvelle tranche d’un prêt global de 20 milliards d’euros à la formation d’un gouvernement, après la chute de l’exécutif de centre droit mi-octobre.

Deux favoris

Douze candidats, uniquement des hommes, sont en lice pour la présidence. Le gagnant ne devrait être connu qu’à l’issue du second tour le 6 décembre.

Deux hommes sont favoris: le président sortant de centre droit Traian Basescu, 58 ans, et le chef de file de l’opposition sociale-démocrate et président du Sénat Mircea Geoana, 51 ans.

Tous deux étaient crédités de 30 à 32% des voix dans les dernières enquêtes d’opinion, suivis par le libéral Crin Antonescu (18%).

«Sortir de la crise»

«Je vote en espérant des améliorations du système de santé et d’éducation. J’espère que le futur président trouvera les moyens de nous faire sortir de la crise économique», a déclaré Rodica Anca Popescu, une retraitée qui venait de voter à Bucarest.

Plan vigoureux

Mircea Geoana, qui a voté accompagné de sa femme et ses deux enfants à Bucarest, a estimé que les Roumains pouvaient choisir une nouvelle voie «après cinq ans de scandales».

Ancien ambassadeur aux Etats-Unis et ministre des Affaires étrangères de 2000 à 2004, le candidat social-démocrate se présente comme «un homme de dialogue» capable de «restaurer l’unité de la Roumanie» mise à mal par M. Basescu, selon lui. Il propose un «vigoureux plan anti crise» comprenant notamment la construction de logements pour les jeunes couples.

Un «lutteur»

M. Basescu, ancien capitaine de marine, se décrit de son côté comme un «lutteur» face aux forces «opposées aux réformes», notamment ses adversaires sociaux-démocrates qu’il accuse de servir leurs intérêts affairistes.

Le président sortant met en avant son bilan en citant au tableau de ses réussites l’entrée dans l’UE ou la condamnation officielle des crimes du communisme en 2006.

Référendum parallèle

Accompagné de sa femme et de ses deux filles pour voter, il a estimé qu’il s’agissait «d’un des scrutins les plus importants des dernières années» en raison notamment du référendum qui se déroule parallèlement et porte sur une réduction du nombre de parlementaires de 471 à 300 et un Parlement unicaméral.

Accusations de fraude

Durant la journée, les partis se sont mutuellement accusé de fraudes électorales dans certains bureaux. Une mission limitée de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ainsi que des ONG observent le scrutin.

Les résultats officiels ne sont pas attendus avant lundi matin.