Un fort tremblement de terre, de 7,7 sur l'échelle de Richter, a frappé mercredi soir la côte sud du Pérou et la capitale, Lima, faisant au moins 500 morts et 1600 blessés, selon un bilan provisoire fourni jeudi par les autorités péruviennes. L'Institut de géophysique américain USGS, qui observe les séismes dans le monde entier, a porté à 8 la magnitude de la secousse d'une rare puissance. Les départements d'Ica (sud) et de Lima (centre) ont été touchés. Près de 350 habitations avaient été détruites.

Le chef du gouvernement, Jorge del Castillo, a dit craindre que le bilan ne s'alourdisse, relevant qu'il n'avait pas encore été possible de contacter plusieurs régions en raison des coupures des communications dans une grande partie du pays.

L'épicentre du tremblement de terre, qui s'est produit à 18h41 heure locale (23h41 GMT) et a duré environ deux minutes, a été localisé en mer, à 169 kilomètres au sud-ouest de Lima, à une profondeur de 47 km, a annoncé l'institut sismologique du Pérou.

Alerte au tsunami

Une alerte au tsunami avait été déclenchée, avant d'être levée dans la nuit de mercredi à jeudi, pour le Pérou, le Chili, l'Equateur, la Colombie, le Panama, le Costa Rica, le Nicaragua, le Guatemala, le Salvador, le Mexique et le Honduras, selon le centre d'alerte aux tsunamis dans le Pacifique.

La région péruvienne la plus atteinte par le séisme est celle d'Ica, qui se trouve à environ 300 km au sud de Lima, et où l'état d'urgence a été décrété, a fait savoir dans un message à la nation le président Alan Garcia. Les destructions ont été particulièrement importantes à Ica, le chef-lieu de cette province (une vieille église s'y est effondrée), mais aussi dans les villes voisines de Pisco et de Chincha.

Le ministre de la Santé, Carlos Vallejos, a placé les hôpitaux et les services de santé de tout le pays en alerte rouge. Les autorités ont, en outre, ordonné, par mesure de précaution, la fermeture des écoles jeudi sur l'ensemble du territoire.

A Lima, où les premières secousses ont provoqué des scènes de panique, nombreux étaient ceux qui étaient encore dans les rues plusieurs heures après le séisme, surtout dans le vieux centre-ville, et dans les bidonvilles où beaucoup de maisons sont construites en adobe, une sorte de terre séchée peu résistante. Le réseau des communications de la capitale, téléphones portables compris, a été rétabli, tandis que l'approvisionnement en eau et en électricité a été maintenu dans presque toute cette cité de huit millions d'habitants.