Amine Esseghir, journaliste, Algérie

«Depuis quelques jours, on ne parle que de cela. Quand il s’agit d’intervention étrangère dans un pays arabe, en principe, il y a un fort rejet de la population. Les Algériens ont une conscience aiguë de la démocratie et de la liberté d’expression, ils rejettent les despotes et les autocrates. Bien sûr, tout le monde veut voir Mouammar Kadhafi partir, mais de là à accepter une intervention militaire… Les indépendances sont trop fraîches, nous sommes dans un contexte historique marqué par le colonialisme. Et cette intervention nous donne un sentiment de déjà-vu. Aujourd’hui, l’Irak est dans tous les esprits. Les Américains sont intervenus avec la volonté d’instaurer la démocratie et de supprimer la dictature, mais on a vu que cela n’avait pas apporté le bonheur au peuple. Les pays arabes ne sont pas assez forts, sur le plan militaire et économique et, lorsqu’on voit les avions étrangers arriver, l’appréhension domine.»