Un nouvel assassinat a été commis mercredi après-midi, à Pampelune (Navarre), contre un sous-officier de l'armée espagnole. Francisco Casanova Vicente, 47 ans, a été assassiné de deux balles alors qu'il se trouvait à l'intérieur d'une voiture. Il s'agit du troisième attentat attribué à ETA en vingt-quatre heures, après l'explosion d'une voiture piégée à Madrid mardi après-midi et l'assassinat du responsable du patronat de la province basque de Guipuzcoa, José Maria Korta, tué par l'explosion de sa voiture.

ETA poursuit son offensive la plus meurtrière de la dernière décennie. Jamais elle n'avait touché autant de cibles différentes – politiciens, policiers, industriels, journalistes – sur un espace géographique aussi grand. Bien sûr, les événements de ces derniers jours – en trois jours, 4 attentats, 6 morts et 11 blessés – n'ont pas laissé de marbre les autorités. José Maria Aznar, le chef du gouvernement, et son ministre de l'Intérieur, Jaime Mayor Oreja, ont tous deux interrompu leurs vacances pour faire face à la flambée de violence. Hier, ce dernier s'est réuni à Madrid avec les plus hauts responsables de la lutte antiterroriste.

Mobilisation de l'exécutif donc, forcée par les circonstances, mais point de mollesse. Le chef de l'exécutif a lancé un message de grande fermeté à ETA en disant: «Sa campagne est brutale, terrible et bestiale (…). Elle ne nous fera pas céder et il faut lutter plus que jamais.» Et d'ajouter: «Ils pourront en tuer encore beaucoup, mais ils ne pourront jamais tuer la liberté, pas plus au Pays basque qu'en Espagne.» Quelques heures après l'assassinat de José Maria Korta, Jaime Mayor Oreja appelait, mardi soir à Zumaia (Pays basque), au calme et à la «confiance absolue» dans l'Etat de droit et les forces de sécurité.

Manif pro-ETA

Dans ce contexte, la position du Parti nationaliste basque (PNV), au pouvoir régional à Vitoria, devient de plus en plus intenable. Malgré les récriminations de tout le spectre politique espagnol, il n'a toujours pas complètement coupé les ponts avec Euskal Herritarok (EH, la branche parlementaire d'ETA) avec qui il a conclu une alliance en septembre 1998. Conséquence: le PNV a beau condamner les attentats meurtriers, il se fait accuser de «complicité criminelle».

Dans le camp des jeunes indépendantistes proches d'EH, l'activité bat son plein. Beaucoup d'entre eux ont manifesté hier à Saint-Sébastien en faveur d'ETA. On attend ce jeudi une manifestation de deuil de séparatistes radicaux en hommage à la mort, lundi soir, de quatre etarras (membres d'ETA) suite à l'explosion d'une voiture piégée dans la banlieue de Bilbao, alors qu'ils se préparaient probablement à commettre un attentat. On voit mal ce qui pourrait stopper ETA dans son offensive macabre destinée, on le sait, à créer une psychose en Espagne et à obliger Madrid à négocier avec eux.