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Campagne anti-crime à Monrovia en 2007
© Keystone / Jerome Delay

Justice

Un suspect de crimes contre l'humanité au Liberia arrêté en France

Ce commandant présumé d'un mouvement rebelle est visé par une plainte de l'ONG genevoise Civitas Maxima

Un homme soupçonné de crimes contre l'humanité durant la guerre civile au Liberia, dans les années 1990, a été inculpé et écroué jeudi en France. Il est visé par une plainte déposée par l'ONG genevoise Civitas Maxima.

Kunti K., ressortissant libérien naturalisé néerlandais, a été interpellé mardi en région parisienne par la gendarmerie, a indiqué à l'AFP le colonel Eric Emeraux, commandant de l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité, les génocides et les crimes de guerre.

Caché chez un ami

Cet homme né en 1974 «aurait été un commandant» de l'ULIMO (Mouvement de libération unie du Libéria pour la démocratie), mouvement rebelle armé lors de la première guerre civile libérienne (1989-1997), a précisé une source judiciaire. Il est soupçonné d'actes de torture, d'utilisation d'enfants-soldats, de meurtres, d'actes de cannibalisme et de mise en esclavage, entre 1993 et 1997.

L'homme, qui se cachait chez un ami au moment de son interpellation, «avait rejoint la France en 2016, après avoir quitté les Pays-Bas et être passé par la Belgique», a expliqué le colonel Eric Emeraux.

Le pôle «crimes contre l'humanité, crimes et délits de guerre» du parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire à la suite d'une plainte déposée le 23 juillet dernier par Civitas Maxima et lancé un mandat de recherche à son encontre, selon la source judiciaire.

A l'issue de la garde à vue, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire et le suspect a été inculpé d'actes de torture en réunion par l'usage d'une arme, et actes de torture constitutifs de crimes contre l'humanité.

«A point nommé»

«Cette arrestation arrive à point nommé», s'est félicité Hassan Bility, le directeur du Global Justice and Research Project (GJRP), une ONG basée à Monrovia qui travaille depuis 2012 avec Civitas Maxima.

«L'arrestation de Kunti K. et les arrestations antérieures (survenues à l'étranger) démontrent qu'il est possible d'obtenir justice pour les crimes commis durant les guerres civiles», a-t-il ajouté dans un communiqué de l'organisation genevoise.

«Nous appelons dès lors le parlement libérien à prendre des mesures visant à voter une loi permettant l'établissement d'un tribunal pour les crimes de guerre qui traitera des violations du droit international humanitaire remontant à la période de la guerre civile», a-t-il dit.

«Chaque nouvelle arrestation à l'étranger renforce un peu plus l'intensité du mouvement mené par la société civile libérienne appelant à ce que les auteurs des crimes haineux commis durant les guerres civiles libériennes soient poursuivis sur le sol libérien», a pour sa part commenté le directeur de Civitas Maxima, Alain Werner, cité dans le même communiqué.

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