La Chine va autoriser un troisième enfant par couple, relaxant un peu plus le planning familial alors que le pays se prépare à affronter une crise démographique profonde. La décision d’adopter des «mesures pour répondre activement au problème du vieillissement de la population» a été prise lundi 31 mai lors d’une réunion du bureau politique du Parti communiste, présidée par le dirigeant chinois Xi Jinping. En 2016, la Chine avait mis fin à trente-sept ans de politique de l’enfant unique en autorisant les couples à avoir un deuxième enfant, sans grand effet sur la démographie. L’élargissement à un troisième enfant ne devrait pas changer la donne non plus, tant la société chinoise s’est adaptée à des familles restreintes, au point que peu de couples envisagent aujourd’hui d’avoir un deuxième enfant, et, a fortiori, un troisième.

En 2020, la Chine n’a enregistré que 12 millions de naissances, le chiffre le plus bas depuis 1961, au lendemain de la pire famine du XXe siècle. Cela représente un taux de fécondité de 1,3 enfant par femme en âge de procréer, loin du seuil des deux enfants nécessaires au maintien de la population. La tendance devrait empirer dans les prochaines années pour deux raisons: d’abord parce qu’après quarante ans de limitation des naissances, le nombre de jeunes en âge de procréer a baissé. Ensuite parce que les jeunes se marient moins et ont des enfants plus tard: en six ans, le nombre de Chinois qui se sont mariés pour la première fois a chuté de 41%, d’après des données du Bureau national des statistiques. Résultat, la part des 15-59 ans dans la population chinoise est tombée à 63,3% l’année dernière, contre 71,1% dix ans plus tôt. D’après le Ministère chinois du travail, la part des actifs dans la population pourrait passer sous la barre des 50% d’ici à 2050.