Catastrophe naturelle

Un tsunami provoqué par un volcan a fait au moins 222 morts en Indonésie

Des centaines de maisons ont été emportées par un mur d’eau qui s’est abattu sur l’ouest de l’île de Java. Plus de 700 personnes ont été blessées

Au moins 222 personnes ont été tuées et des centaines blessées lorsqu'un tsunami a soudainement déferlé samedi soir sur les plages du détroit indonésien de la Sonde à la suite d'une éruption volcanique, semant la panique parmi les touristes et les habitants.

Des centaines de bâtiments ont été emportés par la vague, qui a déferlé sur les côtes méridionales de Sumatra et l'extrémité occidentale de l'île de Java. La vague a surgi après l'éruption du volcan connu comme «l'enfant» du légendaire Krakatoa, l'Anak Krakatoa, selon Sutopo Purwo Nugroho, porte-parole de l'agence nationale de gestion des catastrophes. Les secouristes recherchent toujours des survivants à travers les débris.

Plage touristique touchée de plein fouet

Des images vidéo dramatiques publiées sur les réseaux sociaux montrent un mur d'eau qui s'abat sur un concert en plein air donné par le groupe pop Seventeen. Ses membres sont projetés hors de la scène par la vague qui se propage parmi les spectateurs. Dans un post sur Instragram, le chanteur du groupe Riefian Fajarsyah peine à contenir son émotion en annonçant la mort du bassiste et de l'organisateur des tournées des musiciens.

Sur des images de la télévision, on voit que la vague a traîné sur la plage de Carita, site touristique populaire de la côte ouest de Java, un amoncellement de détritus divers, plaques de toitures en ferraille ou morceaux de bois.

«J'ai prié et couru aussi vite que je pouvais»

A Carita, Muhammad Bintang, 15 ans, a vu arriver la vague qui a plongé l'endroit dans le noir. «Nous sommes arrivés à 21h pour les vacances et soudain l'eau est arrivée. Tout est devenu noir. Il n'y avait plus d'électricité», a témoigné l'adolescent. «Dehors, c'est le désordre, on ne peut toujours pas atteindre la route.»

Dans la province de Lampung, de l'autre côté du détroit, Lutfi Al Rasyid, 23 ans, raconte à l'AFP qu'il a fui la plage de Kalianda pour sauver sa vie. «Je ne pouvais pas faire démarrer ma moto, alors je suis parti et j'ai couru... J'ai prié et couru aussi vite que je pouvais».

Marée et glissement de terrain

Selon les autorités, le tsunami a pu être déclenché par une marée montante anormale due à la nouvelle Lune, conjuguée à un glissement de terrain sous-marin provoqué par l'éruption de l'Anak Krakatoa, petite île du détroit de la Sonde qui sépare Java et Sumatra. «La combinaison (des deux facteurs) a causé un tsunami soudain qui a frappé les côtes», a expliqué Sutopo Purwo Nugroho, ajoutant que l'agence géologique indonésienne menait une enquête pour savoir ce qui s'est passé exactement. Le bilan humain va vraisemblablement encore s'alourdir, a-t-il prévenu.

Des vidéos postées sur les réseaux sociaux par le porte-parole montrent des habitants paniqués armés de lampes de poche en train de prendre la fuite pour se réfugier sur les hauteurs.

Une première annonce néfaste

Les autorités indonésiennes avaient dans un premier temps déclaré que la vague n'était pas un tsunami mais une marée montante, et avaient appelé la population à ne pas paniquer.

«C'était une erreur, nous sommes désolés», a écrit par la suite Sutopo Purwo Nugroho sur Twitter. Bien que relativement rares, les éruptions volcaniques sous-marines peuvent causer des tsunamis, selon le centre d'information international des Tsunamis.

Selon le Centre indonésien de la volcanologie et de la gestion des risques géologiques, l'Anak Krakatoa montrait des signes d'activité renforcée depuis une semaine. Une éruption survenue peu avant 16h00 a duré environ 13 minutes, envoyant à des centaines de mètres dans le ciel un épais panache de cendres.

L'Anak («enfant» en indonésien) est une petite île volcanique qui a émergé des eaux un demi-siècle après l'éruption meurtrière du Krakatoa de 1883. C'est l'un des 127 volcans actifs d'Indonésie.


Pas de victimes suisses 

Le tsunami n'a pas fait de victimes suisses, selon les indications du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et des agences de voyages. La représentation suisse à Jakarta est en contact avec les autorités sur place.

Hotelplan Suisse n'a «heureusement» pas de clients dans la région, indique la porte-parole Prisca Hugenin. Les localités touchées ne sont pas une destination de masse. Les environs sont plutôt visités de manière individuelle.

Markus Flick, porte-parole de DER Touristik Suisse, confirme: la région est appréciée des locaux, mais n'est pas une destination classique pour les touristes. L'agence n'y propose donc pas d'offres. ATS


Des précédente meurtriers

Lorsque le Krakatoa était entré en éruption au 19e siècle, une immense colonne de fumée, de pierres et cendres s'était dressée dans le ciel à 20 km de hauteur, plongeant la région dans l'obscurité et déclenchant un puissant tsunami. Environ 36 000 personnes avaient trouvé la mort.

L'Indonésie, archipel de 17 000 îles et îlots qui s'est formé par la convergence de trois grandes plaques tectoniques (indo-pacifique, australienne, eurasienne), se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, zone de forte activité sismique.

Le 28 septembre, un tremblement de terre de magnitude 7,5 et le raz-de-marée qui a suivi avait dévasté la ville de Palu, située sur la côte ouest des Célèbes, et ses environs, faisant au moins 2073 morts. Mais 5000 autres personnes sont toujours disparues, la plupart enterrées sous les décombres de bâtiments détruits.

En 2004, un tsunami provoqué par un séisme de 9,3 au large de Sumatra avait tué 220 000 personnes sur les côtes de l'océan Indien, dont 168 000 en Indonésie.

Publicité