■ L’essentiel

Michael Ryan, le responsable des urgences de l’OMS, se montre optimiste sur l’efficacité des vaccins face au variant Omicron.

Sur ce sujet: Omicron n’a pas encore révélé ses secrets

Face à la situation sanitaire, le Conseil fédéral a décidé mardi d’offrir à nouveau un appui de l’armée aux cantons.

Les patinoires appliquent la règle dite des 2G: les spectateurs des deux premières divisions devront désormais être soit vaccinés, soit guéris. Un test négatif ne sera pas suffisant.

 

Retrouvez notre suivi de la journée de mardi.


■ Avec trois doses, les vaccins résisteront-ils à Omicron?

Les vaccins risquent de perdre en efficacité face à Omicron, mais une dose de plus pourrait y remédier. De premiers éléments, notamment donnés par le laboratoire Pfizer, éclairent la capacité du nouveau variant à résister à la vaccination. Omicron n’est «probablement pas suffisamment neutralisé après deux doses», ont admis les groupes Pfizer et BioNTech, dont le vaccin contre le Covid se donne initialement en deux injections. Mais «le vaccin est toujours efficace contre le Covid-19 […] s’il a été administré trois fois», tempèrent-ils dans un communiqué commun, sur la base d’études non publiées.

Les deux groupes apportent de premières réponses à la principale inquiétude liée au variant Omicron, une dizaine de jours après qu’il a été repéré en Afrique du Sud. Va-t-il contourner les vaccins? La majorité des chercheurs jugent cette hypothèse probable, au regard des nombreuses mutations présentées par Omicron. Plusieurs fabricants de vaccins ont déjà prévenu qu’ils devraient certainement en concevoir une nouvelle version. Pfizer et BioNTech ont promis de le faire d’ici à mars.

Mais ils se montrent rassurants sur leur vaccin actuel en assurant qu'«une troisième dose fournit un niveau d’anticorps neutralisants contre Omicron similaire à celui observé après deux doses» pour les précédentes incarnations du coronavirus. Leurs études ont en effet mesuré en laboratoire le degré d’anticorps produits contre le nouveau variant chez des personnes vaccinées. Pfizer et BioNTech estiment par ailleurs que deux doses de leur vaccin sont toujours en mesure de protéger contre les conséquences sévères d’une infection à Omicron. Les deux groupes ont communiqué ces résultats peu après que soient rendus publics d’autres travaux du même type mais menés de manière indépendante. Ces derniers confirment l’hypothèse d’un variant Omicron très fortement résistant aux anticorps produits par les vaccins.


■ La Suisse compte 12 598 nouveaux cas de coronavirus en 24 heures

La Suisse compte mercredi 12 598 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, selon les chiffres de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). On déplore 34 décès supplémentaires et 113 malades ont été hospitalisés.

Le nombre de nouveaux cas quotidiens annoncés mercredi pourrait constituer un nouveau record. L’OFSP a toutefois fait évoluer ses méthodes de calcul depuis le début de la pandémie. Les deux périodes restent donc difficiles à comparer, notamment au vu du nombre de tests réalisés.

Durant les dernières 24 heures, les résultats de 76 147 tests ont été transmis, indique l’OFSP. Le taux de positivité s’élève à 16,54%. Le variant Omicron correspond à 3,6% des variants du coronavirus séquencés ou examinés dans les laboratoires ces sept derniers jours. Seule une petite proportion des cas recensés en Suisse fait l’objet d’un séquençage. Il est notamment mené sur les malades du coronavirus provenant d’un pays d’Afrique australe et sur les proches de ces personnes.


■ Les supporters des équipes visiteuses ne pourront plus les accompagner

Le comité de la Swiss Football League (SFL) a pris la décision d’interdire les déplacements de supporters visiteurs pour les deux dernières journées de championnat de 2021. Pour la SFL, cette mesure est justifiée par la situation épidémiologique et la nécessité d'«éviter une surcharge» des soins intensifs.

«La plupart du temps, les supporters se rendent en grand nombre aux matches à l’extérieur par des trains spécialement organisés. Dans la situation épidémiologique actuelle de tels déplacements ne peuvent plus être justifiées», détaille l’institution. Elle pointe aussi du doigt des débordements ayant eu lieu lors des derniers déplacements.

Dans son communiqué publié mercredi, la SFL indique également réfléchir à «une exigence 2G, ce qui signifierait qu’à l’avenir, seules les personnes récemment guéries ou entièrement vaccinées seraient admises dans les stades.» L’institution entend ainsi éviter des limitations imposées du nombre de spectateurs dans les stades qui «mettraient les clubs en grande difficulté économique».


■ Un vaccin spécifique contre le variant Omicron dès mars

Le duo germano-américain BioNTech/Pfizer a annoncé dans un communiqué ce mercredi «poursuivre le développement d’un vaccin spécifique au variant Omicron» qu’il espère pouvoir rendre disponible dès le mois de mars. Néanmoins, les deux laboratoires ont présenté des résultats montrant que «le vaccin est toujours efficace contre le Covid-19, également contre le variant Omicron, s’il a été administré trois fois».

«Une troisième dose fournit un niveau d’anticorps neutralisants contre Omicron similaire à celui observé après deux doses» pour les autres variants, ont-ils ajouté. Toutefois, ce variant n’est «probablement pas suffisamment neutralisé après deux doses» estiment les deux entreprises.


■ Fête de Noël malgré les mesures sanitaires, Boris Johnson sous le feu des critiques

Le premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé mercredi une enquête interne et s’est excusé, après la diffusion d’une vidéo semblant confirmer qu’une fête de Noël avait bien eu lieu l’an dernier à Downing Street, en dépit des restrictions anti-Covid. Visionnée par des millions de personnes, la vidéo montre son attachée de presse de l’époque, Allegra Stratton, préparant avec des collègues des réponses à d’hypothétiques questions de journalistes sur une fête de Noël à Downing Street le 18 décembre.

«Je comprends la colère de tout le pays en voyant le personnel du 10 [Downing Street] sembler prendre à la légère les restrictions, je comprends à quel point ça doit être exaspérant de penser que les personnes qui ont établi les règles ne les ont pas respectées», a concédé le Premier ministre lors de la séance hebdomadaire de questions au Parlement. Quand de nombreux Britanniques étaient privés l’an dernier de voir leurs proches à Noël, cette «Christmas party» aurait réuni une quarantaine de personnes.

Ces révélations embarrassent d’autant plus le gouvernement qu’il pourrait selon plusieurs médias annoncer un durcissement des restrictions pour lutter contre le variant Omicron du coronavirus.


■ La Suisse compte 12 598 nouveaux cas de coronavirus en 24 heures

Selon les chiffres de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), la Suisse compte ce mercredi 12 598 cas supplémentaires en 24 heures). On déplore 34 décès supplémentaires et 113 malades ont été hospitalisés.

  • Durant les dernières 24 heures, les résultats de 76 147 tests ont été transmis.
  • Le taux de positivité s’élève à 16,54%.
  • Le variant Omicron correspond à 3,6% des variants du coronavirus séquencés ou examinés ces sept derniers jours. (Seule une petite proportion des cas recensés fait l’objet d’un séquençage).
  • Sur les quatorze derniers jours, le nombre total d’infections est de 115 106, soit 1321,64 nouvelles infections pour 100 000 habitants.
  • Le taux de reproduction -qui a un délai d’une dizaine de jours- est lui de 1,20.
  • Les patients Covid-19 occupent 30,50% des places disponibles en soins intensifs, dont le taux d’occupation est de 81,70%.
  • 66,17% de la population du pays est entièrement vaccinée.
  • 36,58% des personnes âgées de 65 ans et plus ont déjà reçu une dose de rappel.

■ Le canton du Jura prend de nouvelles mesures lors des manifestations

Le canton du Jura renforce les mesures de lutte contre la propagation du covid. Les tests préventifs hebdomadaires sont réintroduits à l’école primaire de la 3e à la 8e année. Il impose aussi le port du masque lors de manifestations réunissant plus de 300 personnes même si l’accès est réservé aux personnes vaccinées ou guéries. Si le gouvernement jurassien aligne pour l’essentiel le dispositif cantonal sur celui présenté vendredi dernier par la Confédération, il durcit néanmoins certaines mesures en raison de la situation épidémiologique jugée «très préoccupante» dans le canton. Ces nouvelles mesures entrent en vigueur ce mercredi.

C’est en raison du nombre élevé de cas positifs et de mises en quarantaine au niveau primaire que le gouvernement a décidé de réintroduire les tests hebdomadaires. Les élèves de 7e et de 8e année devront porter le masque lorsqu’un cas positif sera détecté dans leur classe. Le port du masque reste obligatoire au niveau secondaire. Les spectateurs même debout lors d’une manifestation culturelle ou sportive, comme un match du HC Ajoie, pourront retirer «brièvement» leur masque pour consommer si l’accès est réservé aux personnes guéries ou vaccinées, précise le canton du Jura. Les manifestations jusqu’à 300 personnes à l’intérieur, les bars et les restaurants qui décident d’accueillir uniquement des personnes vaccinées ou guéries devront procéder à un traçage électronique de tous les participants ou clients, car le masque ne sera pas obligatoire.


■ Enterrements de masse en Papouasie-Nouvelle Guinée

Le premier d’une série d’enterrements de masse a eu lieu mercredi en Papouasie-Nouvelle-Guinée où 54 corps non réclamés depuis des mois ont été inhumés dans une fosse commune, pour soulager la morgue de la capitale Port Moresby, saturée par les morts du Covid-19, selon des journalistes de l’AFP sur place. Quelque 300 cadavres s’y entassent, parfois depuis mars dernier, dans une installation prévue pour en accueillir seulement 60, faute d’être réclamés par leurs proches et d’argent pour leurs funérailles.

Sur les 300 personnes décédées à l’hôpital de Port Moresby et dont les corps ont été entreposés dans la morgue, 122 avaient été testées positives au Covid-19. Mais les tests de dépistage en Papouasie-Nouvelle-Guinée sont rares et les chiffres officiels sont très loin de refléter l’ampleur de la pandémie. Officiellement, seuls 35 000 cas de coronavirus ont été détectés dans ce pays de près de neuf millions d’habitants. Mais des données provenant de 700 hôpitaux et cliniques du pays ont montré que 2,6 millions de personnes, soit plus du quart de la population, ont présenté des symptômes semblables à ceux du Covid-19 entre mars 2021 et septembre 2021.


■ Le National d’accord avec des tests partiellement gratuits

Les tests covid seront à nouveau partiellement gratuits. Le Conseil national s’est tacitement rallié mercredi au compromis proposé par le Conseil des Etats sur leur prise en charge. Le National voulait à l’origine le retour de la gratuité pour tous les tests. Mais le Conseil des Etats a jugé le coût exagéré, un constat partagé par les députés. Une telle mesure entraînerait une dépense hebdomadaire de quelque 80 millions de francs.

La solution restrictive du Conseil des Etats permet de diviser par deux ce montant. Les tests PCR pour les personnes asymptomatiques resteront payants, tout comme les tests antigéniques et les autotests peu fiables. Le Conseil fédéral avait décidé début octobre de cesser de payer les tests, arguant que la collectivité n’avait pas à prendre en charge des coûts élevés. Il avait maintenu plusieurs exceptions sans limite de temps pour les moins de 16 ans, les personnes qui ne peuvent pas se faire vacciner pour des raisons médicales et celles qui ont des symptômes.


■ Une dose de rappel d’un vaccin différent serait plus efficace

L’administration d’une dose de rappel d’un vaccin contre le Covid-19 différent de celui reçu lors des premières injections suscite dans certains cas une réponse immunitaire plus forte, selon les autorités sanitaires européennes. Les meilleurs résultats ont été obtenus en utilisant d’abord un vaccin à vecteur viral tel que celui d’AstraZeneca ou de Johnson & Johnson, suivi par une injection d’un vaccin à ARN messager (ARNm) comme Pfizer et Moderna, ont-elles indiqué.


■ Une variante «furtive» d’Omicron, plus difficile à identifier

Des scientifiques ont identifié une version «furtive» d’Omicron qui ne peut être distinguée facilement des autres variants à l’aide des tests PCR. Les deux différentes variantes d’Omicron nommées BA.1 et BA.2, «sont assez différenciées génétiquement», déclare dans le Guardian, le professeur François Balloux, directeur de l’Institut de génétique de l’University College de Londres.

La variante «furtive» d’Omicron a de nombreuses mutations en commun avec l’Omicron standard, mais comme l’explique le journal britannique, «il lui manque une modification génétique particulière qui permet d’utiliser des tests PCR en laboratoire» de routine qui permettraient de repérer les cas facilement. Les scientifiques doivent donc utiliser une analyse du génome entier pour confirmer qu’il s’agit bien de ce variant à l’origine d’une infection.


■ Un expert de l’OMS optimiste sur l’efficacité des vaccins

«Il n’y a aucune raison de douter» du fait que les vaccins actuels protègent les malades contaminés par Omicron contre les formes sévères du Covid-19, a estimé Michael Ryan, le responsable des urgences de l’OMS dans un entretien avec l’AFP. L’épidémiologiste irlandais a estimé que les premières informations recueillies en Afrique du Sud «suggèrent que le vaccin semble tenir bon en termes de protection».

Nous avons des vaccins très efficaces qui ont démontré leur pouvoir contre tous les variants jusqu’à présent, en termes de sévérité de la maladie et d’hospitalisation.

Michael Ryan

«Le comportement général que nous observons jusqu’à présent, ne montre aucune augmentation de la sévérité. De fait, certains endroits en Afrique australe font état de symptômes plus légers», a aussi déclaré le médecin, à l’instar de ce qu’avait dit un peu plus tôt l’éminent scientifique américain Anthony Fauci. «On en est au tout début, nous devons être très prudents dans notre façon d’analyser» ces données, a toutefois dit le docteur Ryan, prenant soin de souligner à plusieurs reprises que l’on en était au tout début des études d’un variant détecté seulement le 24 novembre.


■ Le Brésil renonce au passeport sanitaire pour les étrangers

Le Brésil a exclu d’exiger un certificat de vaccination pour les étrangers arrivant sur son sol, après que le président Jair Bolsonaro a comparé cette mesure, pourtant recommandée par le régulateur sanitaire brésilien, à une «laisse» pour les animaux.

«Vous ne pouvez pas établir de discriminations entre les personnes vaccinées et non vaccinées pour imposer des restrictions […]. La science sait déjà que les vaccins n’empêchent pas totalement la transmission du virus», a lâché devant la presse le ministre de la Santé, Marcelo Queiroga, après une réunion interministérielle à la présidence. Ce dernier a néanmoins déclaré que les caractéristiques précises du variant Omicron étant actuellement inconnues, le Brésil exigera que les personnes non vaccinées soient «mises en quarantaine pendant cinq jours», comme le recommande le régulateur sanitaire, l’Anvisa.

Avant l’annonce de mardi, le président d’extrême droite, qui n’a lui-même pas été vacciné, avait rejeté la demande de passeport sanitaire formulée par l’Anvisa. «Nous demandons, pourquoi le passeport sanitaire? Quelle est cette laisse qu’ils veulent mettre au peuple brésilien? Où est notre liberté? Je préfère mourir que de perdre ma liberté», avait-il clamé. Réagissant aux déclarations de Jair Bolsonaro, Marcelo Queiroga a estimé qu’il valait «parfois mieux perdre sa vie que sa liberté. Nous ne sommes pas là pour polémiquer, mais ce sont des droits fondamentaux et ils ont la même importance», a-t-il encore dit.