■ Programme complet

Pour les Américains s’ouvre samedi matin un week-end de commémorations du dixième anniversaire du 11-Septembre. Elles sont marquées par une ferveur patriotique, le culte de ceux tombés dans la lutte contre le terrorisme et la crainte «crédible» mais «non confirmée» d’un nouvel attentat.

Dimanche, la journée commencera à New York à 8h40 locales (12h40 GMT), au moment où, il y a dix ans, les pirates de l’air ont lancé un Boeing 767 d’American Airlines dans la tour nord du World Trade Center.

Barack Obama, mais aussi George W. Bush, président à l’époque des attentats, doivent participer à un hommage rendu aux victimes à Ground Zero, le site sur lequel s’élevaient les tours jumelles.

Comme à chaque anniversaire, quatre minutes de silence marqueront au total dimanche – à 8h46, 9h03, 9h59 et 10h28 – les moments où les deux avions de ligne ont frappé les tours du WTC, et l’heure à laquelle elles se sont effondrées.

Comme chaque année, seront lus les noms des quelque 3000 morts. Les familles assisteront ensuite à l’inauguration du mémorial du 11-Septembre, enfin achevé après cinq ans de travaux.

Cet espace paysagé de trois hectares, planté de plus de 200 chênes, abrite deux vastes bassins avec cascades, creusés à l’endroit exact où se dressaient les tours jumelles. Le nom de chaque mort y est inscrit sur les margelles.

Vers midi, le président américain doit arriver à Shanksville, sur le site où le vol 93 d’American Airlines s’est écrasé en plein champ, tuant ses 40 passagers et membres d’équipage ainsi que les quatre pirates de l’air. Barack Obama et son épouse doivent déposer une gerbe devant le tout nouveau mémorial à la mémoire des victimes.

Enfin, Barack Obama compte aller au Pentagone, dans la banlieue de Washington, pour, là aussi, déposer une gerbe en mémoire des victimes du crash du vol 77.

Dans la soirée, il assistera à un «Concert pour l’espoir» à Washington où il prononcera un discours. (AFP)

■ Le 11-Septembre, un «prétexte» pour envahir l’Irak et l’Afghanistan

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a réaffirmé dimanche que les attentats commis le 11 septembre 2001 aux Etats-Unis avaient eu lieu pour servir de «prétexte» à l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan par les Occidentaux.

«Le 11-Septembre a été un jeu visant à influencer les émotions de l’humanité et à trouver un prétexte pour attaquer des régions musulmanes et envahir l’Irak et l’Afghanistan en tuant un million de personnes innocentes», a déclaré Mahmoud Ahmadinejad dans un discours devant un congrès de responsables religieux du monde musulman et diffusé sur le site internet de la présidence iranienne.

■ «Les Etats-Unis ont gardé leurs valeurs malgré des erreurs», selon Barack Obama

Le président des Etats-Unis Barack Obama a affirmé que les Etats-Unis avaient su sauvegarder leurs «valeurs» malgré des «erreurs» effectuées dans la foulée des attentats du 11-Septembre, dans un entretien diffusé dimanche, dix ans après les attaques.

«Dix ans plus tard, je dirais que les Etats-Unis ont traversé ces événements conformément à notre caractère» national, a déclaré Barack Obama à la chaîne NBC dans cet entretien enregistré samedi à la Maison Blanche.

■ Barack Obama se recueille sur le site des attentats

Barack Obama s’est recueilli dimanche matin sur le lieu des attentats du 11-Septembre à New York, 10 ans après ces attaques, selon les journalistes accompagnant le président des Etats-Unis.

Barack Obama, accompagné de son prédécesseur George W. Bush et de leurs épouses respectives, s’est figé face aux fontaines marquant l’emplacement des tours jumelles détruites par les avions de ligne détournés par Al-Qaïda.

Il a ensuite salué des membres de familles des victimes des attaques, et des responsables locaux dont le maire de New York Michael Bloomberg.

■ Unité et craintes

C’est une Amérique qui craint un nouvel attentat célébrant cet anniversaire. La commémoration d’une tragédie dont les quelque 3000 morts sont à jamais inscrits dans sa mémoire collective. Dans une rare image d’unité, le président Barack Obama et son prédécesseur George W. Bush assisteront ensemble à une cérémonie sur le site des anciennes tours jumelles du World Trade Center (WTC) à New York, en présence des familles des victimes. La sécurité y a encore été renforcée, après l’annonce ces dernières heures par les autorités d’une menace d’attentat «spécifique, crédible mais non confirmée» visant à coïncider avec le 10e anniversaire des attentats à New York et à Washington.

Les Américains semblaient cependant pris par la crainte d’un nouvel attentat: vendredi, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a parlé de la «menace spécifique, crédible mais non confirmée que fait encore peser Al-Qaïda sur les Américains et plus particulièrement sur New York et Washington».

A New York, les effectifs de police ont été étoffés pour assurer une augmentation de 30% du nombre de patrouilles, la fouille de véhicules, les contrôles inopinés de sacs dans les transports en commun et une surveillance accrue des ponts, des tunnels, des monuments et des bâtiments officiels.

«Rappelez-vous que nous avons trouvé des documents lors de l’assaut contre Oussama Ben Laden qui indiquaient qu’il avait montré un intérêt pour un attentat le 11 septembre» prochain, a rappelé Joe Biden. Il avait pourtant auparavant écarté «tout indice flagrant» d’une menace terroriste contre les Etats-Unis. (AFP)

Cérémonies américaines en Afghanistan

Les troupes américaines déployées en Afghanistan rendaient hommage dimanche aux près de 3000 morts du 11-Septembre et aux victimes des combats qui durent depuis dix ans dans ce pays.

Des immenses bases de Bagram, à 50 km au nord de Kaboul, et de Kandahar, la grande ville du Sud, jusqu’aux petits postes de combats les plus isolés, des cérémonies étaient prévues.

A l’aube dimanche, plusieurs centaines de militaires de la base avancée de Fenty, à Jalalabad, la grande ville de l’Est afghan, se sont ainsi rassemblés pour une cérémonie de prière tandis que le drapeau américain et les couleurs de la brigade étaient mis en berne.

«Cela a commencé ici et cela se terminera ici», a déclaré le sergent-major Andrew Spano aux militaires, avant de lire les noms de soldats tombés au combat dans la zone. (AFP)

Barack Obama appelle à une «vigilance accrue»

Barack Obama a appelé samedi à une «vigilance accrue» lors d’une réunion avec ses conseillers à la sécurité nationale. «Le président a ordonné à son équipe de traiter énergiquement toute information portant sur une menace, de s’assurer (que règne) une vigilance accrue et de se tenir prêts au moment où nous commémorons l’anniversaire des attentats du 11-Septembre», a indiqué la Maison Blanche dans un compte-rendu de cette réunion.

Signe de cette «vigilance accrue», l’aéroport Dulles de Washington a été partiellement évacué samedi pendant quatre heures après la découverte d’un «objet suspect» dans l’enceinte aéroportuaire, a déclaré à l’AFP un porte-parole de l’aéroport. L’alerte a été levée après des vérifications des démineurs de la police. (LT)

La tragédie du 11-Septembre, aggravée par le fait d’agir au nom de Dieu, selon le Pape

Le pape Benoît XVI a affirmé samedi que les attentats du 11 septembre étaient «d’autant plus graves que ses auteurs ont dit agir au nom de Dieu». Il s’exprimait dans une lettre à l’archevêque de New York pour le 10e anniversaire de la tragédie.

«En ce jour, mes pensées se tournent vers les sombres événements du 11 septembre 2001, lorsque tant de vies innocentes ont été perdues», écrit le pape dans ce message, adressé en anglais à Mgr Timothy Michael Dolan, qui est également président de la conférence des évêques américains. (AFP)

■ Les Talibans donnent de la voix

Les Afghans subissent depuis dix ans la loi des armes américaines, alors qu’ils n’ont joué aucun rôle dans les attentats du 11-Septembre, à la suite desquels Washington a déclenché son intervention en Afghanistan, ont affirmé samedi les talibans dans un communiqué.

«Chaque année, le 11 septembre rappelle aux Afghans un événement dans lequel ils n’ont joué aucun rôle, mais qui a servi de prétexte au colonialisme américain pour verser le sang de milliers d’Afghans innocents et misérables», écrivent les talibans, à la veille du dixième anniversaire des attentats. (AFP)