L’informateur, qui demeure anonyme, proposerait de vendre pour 2,5 millions d’euros un CD contenant les données bancaires de 1.500 contribuables allemands coupables d’évasion fiscale, selon le journal «Frankfurter Allgemeine Zeitung».

«Quand pour 2,5 millions d’euros on peut récupérer de 100 à 200 millions d’euros d’impôts, le gouvernement ne devrait pas hésiter», estime dans le journal «Welt am Sonntag» la députée social-démocrate (SPD), responsable pour les affaires de Finances, Nicolette Kresl. «Il s’agit d’une chose volée. Cela reviendrait à récompenser un voleur» estimait quant à lui le député chrétien-démocrate (CDU) Michael Fuchs dans l’édition dominicale du «FAZ».

«Personnellement le fait de payer pour obtenir quelque chose de juridiquement contestable me pose problème», reconnaissait le ministre allemand de la Défense Karl-Theodor zu Guttenberg, de l’Union chrétienne-sociale (CSU), dans une interview au journal suisse Neue Zürcher Zeitung.

Le ministère des Finances se refusait dimanche à commenter les informations de presse, sans les démentir. Le président de l’Association allemande des inspecteurs du fisc, Dieter Ondracek, s’exprimant dans le quotidien Bild à paraître lundi estimait qu’acheter des données bancaires ne relèverait pas pour le gouvernement du recel. «Il n’y a aucune différence entre un ministre des Finances qui paye pour de telles informations et un magistrat qui offre une récompense pour l’arrestation d’un criminel», selon M. Ondracek.

Et les contribuables qui payent honnêtement leurs impôts ont le droit d’exiger que les fraudeurs soient punis, car «comment un retraité avec 500 euros par mois pourrait-il accepter que le fisc fasse pression sur lui alors que les gros comptes en Suisse s’en tirent sans dommage», a-t-il ajouté.