Dans le bras de fer qui oppose Pékin et Washington, voir des parlementaires américains s’inquiéter de l’influence chinoise dans les affaires du monde n’a rien d’étonnant. Voir s’y joindre leurs homologues européens et japonais l’est un peu plus. Le 5 juin, ils ont annoncé leur intention de coordonner leurs efforts à travers l’Alliance interparlementaire sur la Chine (IPAC). Elle regroupe plus de cent représentants de 12 pays (Etats-Unis, Canada, Australie, Japon, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Suède, Norvège, Pays-Bas, République tchèque et Lituanie), ainsi que du Parlement européen.

Dans leur message initial, ces élus, de droite comme de gauche, avertissent leurs concitoyens. «Ce que nous pensions de l’ascension de la Chine ne correspond plus à la réalité», explique la députée japonaise Shiori Yamao. «Nous pensions qu’elle s’ouvrirait au fil du temps, enchérit son homologue suédoise Elisabet Lann, mais cela ne s’est pas produit.» La montée en puissance du Parti communiste et ses actions à l’étranger y sont dépeintes comme un danger pour les normes démocratiques. «Mentalité de guerre froide», a rétorqué le jour même du lancement de l’IPAC Geng Shuang, le porte-parole du Ministère des affaires étrangères à Pékin. «Nous exhortons cette poignée de politiciens à […] arrêter d’exploiter différents enjeux pour interférer avec les affaires intérieures de la Chine.»