La superbe résidence en bordure du parc des Eaux-Vives n'abrite pas une mission nord-coréenne comme les autres. De l'avis des spécialistes, le régime de Pyongyang considère son ambassade genevoise comme l'une des clés de son dispositif diplomatique: «Sans doute la plus importante de toutes les ambassades de Corée du Nord en Europe», d'après un universitaire. C'est ici, d'ailleurs, que fut négocié en 1994 le fameux accord-cadre nucléaire avec les Etats-Unis. Rien d'étonnant donc si So Se-pyong, ministre et représentant permanent adjoint de la mission, accepte de s'exprimer.

Diplomate depuis 1979 et en Suisse depuis un an, cet anglophone affable de 52 ans est à l'évidence en lien avec les plus hauts dirigeants de Pyongyang dont il défend les positions les plus controversées avec vigueur. Lorsqu'il nous a reçu, en présence de deux attachés, il portait comme eux le badge rituel à l'effigie du «grand leader» Kim Il-sung. En sortant de l'ambassade, on peut apercevoir sur un panneau des photos montrant le fils et leader Kim Jong-il ravi devant «les acclamations enthousiastes des étudiants» ou de «la vie toujours exaltante des militaires».