C’est par la Birmanie que Didier Burkhalter a démarré jeudi son voyage en Asie qui le mènera également au Laos, en Indonésie et en Thaïlande. Après une première réception d’inauguration ce vendredi, le ministre des Affaires étrangères participera samedi à l’ouverture officielle de la nouvelle ambassade de Suisse à Rangoon, capitale économique du pays. Le bâtiment de style colonial, qui se situe au lieu-dit «5,5 mile» le long de la route Pyay, grande artère qui traverse Rangoon, a été construit par un Britannique en 1937.

Il s’agit de la première visite officielle d’un conseiller fédéral au Myanmar (nom officiel du pays). Après la transition démocratique amorcée dans le pays, la Suisse a partiellement levé en mai ses sanctions édictées en 2000 en raison de graves violations des droits de l’homme. Partiellement car l’embargo sur les biens d’équipement militaires et les biens susceptibles d’être utilisés à des fins de répression est maintenu. Elle compte maintenant participer activement au processus démocratique en cours.

Aide de 25 millions de francs

«Le Conseil fédéral, qui a décidé en juin d’ouvrir une ambassade, veut répondre au fort potentiel économique et touristique que représente ce pays, mais aussi appuyer une transition politique vers l’Etat de droit et la démocratie, après un régime autoritaire d’un demi-siècle», précise un porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères. Les échanges commerciaux entre les deux pays se sont déjà intensifiés. Et la Suisse va aider la Birmanie à travers une enveloppe de 25 millions de francs par an sur quatre ans. L’accent est surtout mis sur quatre domaines: l’emploi et la formation, la santé (avec comme souci principal l’accès aux soins pour les minorités ethniques), l’agriculture et la sécurité alimentaire, et, enfin, la promotion de la paix et des droits de l’homme.

Au programme birman de Didier Burkhalter figure un entretien avec son homologue Wunna Maung Lwin. Il lui fera notamment part des préoccupations de la Suisse quant à la récente recrudescence de la violence intercommunautaire au Rakhine. Le conseiller fédéral fera également une visite de courtoisie au président Thein Sein et prévoit une rencontre avec le Prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi. La cheffe de l’opposition birmane, libérée en novembre 2011 après 22 ans d’assignation à résidence, avait choisi la Suisse comme première étape de sa tournée européenne en juin.

Région prioritaire

La Suisse entretient des relations diplomatiques avec la Birmanie depuis 1956. Mais ses intérêts au Myanmar étaient jusqu’ici représentés par l’ambassade de Suisse en Thaïlande. Sur le plan de l’aide, la Direction du développement et de la coopération (DDC) a commencé à travailler en 1984 dans les camps de réfugiés birmans sur le territoire thaïlandais. Elle n’est présente dans le pays que depuis 1994. En 2001, l’Aide humanitaire en a fait une région prioritaire et a détaché un coordinateur régional chargé des activités humanitaires en Thaïlande et au Myanmar. Un bureau a été établi à Rangoon en 2009, une année après le passage du cyclone Nargis .