José Manuel Barroso est, au fond, confronté à un seul défi pour les cinq ans à venir: insuffler à l’UE une nouvelle ambition communautaire après l’élargissement digéré de 2004, le choc de la crise et la mutation imposée par son plan «climat». Or, pour cela, le Portugais devra choisir.

Son premier choix portera sur ceux qui siégeront au sein de sa prochaine Commission. Proposés par les Etats membres, puis auditionnés par l’Europarlement – sans doute en novembre-décembre pour tenir compte des changements institutionnels et du calendrier à venir, si les Irlandais votent oui au Traité de Lisbonne –, ils formeront «son» équipe.

Le président de la Commission affichera ensuite ses priorités. Son programme ratisse large et lorgne à gauche. Mais, pour que l’économie européenne se transforme, et pour qu’une croissance verte s’installe, Bruxelles devra trancher. Voire passer au forceps.

D’où son choix ultime, le plus dur peut-être: s’il veut faire avancer l’UE, Barroso II devra défendre des projets. Quitte à constituer entre pays membres des coalitions, voire des avant-gardes pour les mettre en place. Remise sur les rails si le Traité de Lisbonne entre en vigueur, l’Union n’aura plus besoin d’un «aiguilleur». Mais d’une locomotive.