Afrique

Une attaque meurtrière attribuée à Boko Haram au Tchad

Les onze militaires tués, dont trois officiers, cherchaient à récupérer des milliers de boeufs dérobés par Boko Haram. Ils sont tombés dans une embuscade, au cours de laquelle ils ont réussi à neutraliser 26 djihadistes

Au moins onze militaire tchadiens ont été tués après l'attaque vendredi après-midi d'une localité située dans la province du Lac Tchad (ouest du Tchad), attribuée au groupe djihadiste nigérian Boko Haram, selon un nouveau bilan communiqué à l'Agence France-Presse (AFP) dimanche soir par l'autorité régionale. «Trois officiers (...) et six militaires ont été blessés. Vingt-six éléments de Boko Haram ont été tués», précise le document. Un précédent bilan transmis par des sources sécuritaires faisait état de sept militaires tchadiens et un goumier (garde d'un chef traditionnel local) tués.

Dans la zone de Ngouboua, les éléments de Boko Haram ont attaqué vendredi une localité et emporté avec eux des milliers de têtes de bétail, a précisé à l'AFP l'autorité régionale. «Les militaires ont voulu faire jonction par deux endroits différents pour récupérer les boeufs.»

«L'armée a réussi à récupérer les boeufs mais en voulant les poursuivre», l'un des groupes est «tombé dans une embuscade», a-t-elle ajouté. «Des éléments de Boko Haram» se sont «dissimulés dans des hautes herbes» et ont attaqué le groupe faisant trois morts parmi les militaires tchadiens, selon cette même source.

L'autre groupe a affronté les éléments de Boko Haram autour de Tchoukoutalia. Dans ce combat armé, vingt-six éléments de Boko Haram ont été neutralisés, a détaillé cette source.

L'insurrection de Boko Haram a fait plus de 27 000 morts

La région du lac Tchad est le théâtre d'un regain d'attaques du groupe djihadiste nigérian depuis juin 2018: au moins neuf attaques de Boko Haram ont eu lieu en territoire tchadien. Fin mars, 23 soldats tchadiens avaient été tués dans l'attaque d'une base avancée sur la rive nord-est du lac.

L'insurrection de Boko Haram, qui a débuté en 2009 dans le nord-est du Nigeria, a fait plus de 27 000 morts et 1,8 million de déplacés dans ce pays, et a gagné le Niger, le Tchad et le Cameroun voisins. Depuis 2015, les pays de la région luttent contre Boko Haram au sein de la Force multinationale mixte (FMM), une coalition régionale engagée dans la région du lac Tchad avec l'aide de comités de vigilance composés de citoyens locaux.

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