Une voiture piégée a explosé dimanche près d'un hôpital dans le nord-ouest de la Syrie. Elle a tué onze civils dans une ville contrôlée par des rebelles syriens soutenus par la Turquie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). L'attentat, qui a eu lieu aux abords d'Al-Raï, près de la frontière turque, n'a pas été revendiqué.

Le véhicule, un camion frigorifique, a explosé à deux pas d'un hôpital, a confirmé à l'Agence France-Presse (AFP) Osama Abou al-Kheir, un membre des forces rebelles. Selon le chef adjoint du conseil municipal, Alaa al-Hammad, l'explosion aurait été déclenchée grâce à une télécommande.

Un pharmacien et deux de ses enfants figurent parmi les morts, a-t-il précisé, ajoutant que des maisons aux alentours avaient été détruites. En juin, un attentat similaire avait tué dix-neuf personnes, principalement des civils, près d'un marché à Azaz, ville également limitrophe de la Turquie.

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Un accord entre Washington et Ankara sur la mise en place d'une zone tampon

En 2016, les forces turques, aidées par certains groupes rebelles syriens, ont lancé une opération militaire contre l'organisation djihadiste Etat islamique (EI) et des combattants kurdes dans le nord de la Syrie, prenant alors sous leur contrôle Al-Raï et la ville voisine d'Azaz. La Turquie maintient des troupes et des membres de ses services de renseignements dans cette zone.

Les Kurdes, une minorité ethnique longtemps marginalisée en Syrie, ont créé une zone autonome dans le Nord à la faveur du conflit syrien. La Turquie a vu d'un mauvais oeil cette émancipation, craignant que cela ne ravive les velléités indépendantistes de cette minorité sur son propre territoire.

L'attaque à Al-Raï intervient un peu plus d'un mois après la conclusion d'un accord entre la Turquie et les Etats-Unis sur la mise en place d'une zone tampon entre la frontière turque et les zones syriennes contrôlées par la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG). Turcs et Américains ont effectué leur première patrouille conjointe le 8 septembre dans cette zone. Appuyées par Washington dans la lutte contre l'EI, les YPG sont considérées par Ankara comme un «groupe terroriste».