Terrorisme

Une attaque «de plus grande envergure» évitée de justesse en Espagne

Une double attaque terroriste à Barcelone et à Cambrils a fait 14 morts et une centaine de blessés. La police a abattu cinq djihadistes présumés et a arrêté quatre suspects, alors que l’enquête se resserre autour de deux frères d'origine marocaine. Au moins quatre personnes sont encore recherchées

L’enquête sur les attentats sanglants qui ont fait 14 morts en Catalogne avançait rapidement ce vendredi dans une Espagne en deuil, avec l’identification d’une possible cellule ayant agi précipitamment après l’échec d’un premier plan qui aurait pu être encore plus meurtrier.

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Sous le soleil de plomb de Barcelone, les habitants de la fière ville méditerranéenne ont crié «No tinc por», «je n’ai pas peur» en catalan: à midi, moins de 24 heures après le double drame la foule s’était auparavant rassemblée autour du roi Felipe VI et du chef du gouvernement Mariano Rajoy et du gouvernement régional de Catalogne pour une minute de silence. Ci-dessous, la vidéo d’une journaliste sur place:

A quelques enjambées de la place de Catalogne où s’est tenue la cérémonie, à 16h50 jeudi, une camionnette blanche a fauché des dizaines de passants sur l’allée centrale des Ramblas, coeur touristique de Barcelone où l’on descend habituellement le coeur léger vers la mer.

Dans la nuit, une Audi A3 a ensuite à son tour foncé sur la promenade du bord de mer de Cambrils, une station balnéaire au sud de la capitale catalane, avant de percuter une voiture des Mossos d’Esquadra, la police catalane. S’en est suivie une fusillade au cours de laquelle les cinq occupants de l’Audi ont été tués. Les attaques ont fait 14 morts, dont 13 à Barcelone et près de 120 blessés dont 65 étaient encore hospitalisés vendredi. L’attaque de Barcelone a été revendiquée par le groupe Etat islamique.

L’explosion qui a déclenché les événements

Ces attaques ont cependant peut-être remplacé des attentats «de plus grande envergure», a expliqué vendredi un porte-parole de la police catalane lors d’un point de presse. L’enquête laisse entrevoir l’existence d’un «groupe de personnes», ayant agi en Catalogne à Ripoll, au nord de Barcelone, et Alcanar au sud, notamment.

A Alcanar, à 200 km au sud de Barcelone, une explosion dans une maison aurait en réalité évité un autre drame de plus grande ampleur: Selon la police, les assaillants y préparaient des bombes et auraient alors perdu les composants nécessaires à la fabrication d’engins explosifs. La double attaque a alors été commise de «manière plus rudimentaire, dans le sillage des autres attentats perpétrés dans les villes européennes» sans être «de l’amplitude espérée» par les djihadistes, selon Josep Lluis Trapero, le porte-parole de la police catalane. L’attaque a été menée à Barcelone puis à Cambrils, avec deux véhicules.

Plus tard, les cinq «terroristes présumés» porteurs de fausses ceintures d’explosifs, d’une hache et de couteaux, ont été abattus à Cambrils. Les fausses ceintures devaient leur permettre de gagner du temps face aux policiers, selon les Mossos. Pour l’heure, quatre personnes, trois Marocains et un Espagnol, ont été arrêtées dont trois dans la ville de Ripoll d’où serait originaire un des auteurs. Au moins quatre autres seraient aussi en fuite, selon le quotidien catalan La Vanguardia.

L’enquête se resserre autour des frères Oukabir

La police recherche actuellement Moussa Oukabir, le frère de Driss Oukabir, arrêté jeudi à Ripoll. Le principal suspect recherché, le conducteur d’une camionnette ayant fauché des dizaines de piétons à Barcelone, pourrait se trouver parmi les cinq hommes abattus, selon la police catalane qui évoque «plusieurs indices», sans toutefois confirmer formellement cette information.

Les témoins des attentats décrivaient encore vendredi des scènes d’effroi: «c’était la peur à l’état pur hier», rapporte Alex Luque, un étudiant américain de 19 ans, qui se trouvait sur las Ramblas. Pendant ce temps, plusieurs membres du gouvernement se sont déplacés à Barcelone. Le président du gouvernement Mariano Rajoy et sa vice-présidente Soraya Saenz de Santamaria y sont arrivés jeudi soir. Le roi Felipe VI vendredi matin.

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Pour sa deuxième allocution en 24 heures, le conservateur Mariano Rajoy a tenu à souligner la nécessité d’union, alors que justement les séparatistes au pouvoir en Catalogne menacent de quitter l’Espagne après un référendum d’autodétermination le 1er octobre. «Il s’agit de transmettre un message d’unité, ce qui nous rend plus efficaces dans la lutte contre le terrorisme, que toutes les forces politiques soient unies», a-t-il dit.

Le signalement d’un véhicule transmis à la France

La police espagnole a transmis vendredi le signalement d’un véhicule blanc de type Kangoo aux autorités françaises, dans le cadre de l’enquête.

«Les enquêteurs espagnols ont fait un signalement aux autorités françaises sur ce véhicule en lien avec les attentats», selon cette source confirmant une information du quotidien français Le Parisien. Le véhicule pourrait avoir passé la frontière franco-espagnole.

Un foyer djihadiste longtemps ignoré

Jusqu’ici épargnée par la vague d’attentats qui frappe l’Europe, l’Espagne replonge dans le douloureux souvenir des attentats islamistes de mars 2004, les plus meurtriers jamais commis en Europe avec 191 morts. Au moins 35 nationalités différentes figuraient parmi les morts et blessés de la double attaque, selon «un bilan provisoire».

Dix-sept victimes luttaient entre la vie et la mort vendredi, 28 sont dans «un état grave», a précisé la protection civile. Des familles continuaient, elles, à rechercher leurs proches.

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