Proche-Orient

Une attaque à la voiture bélier à Jérusalem

Un garde-frontière a été tué quand un jeune Palestinien a volontairement percuté une station de tramway dans la ville sainte. Affrontements sur l’Esplanade des mosquées

Une attaque à la voiture bélier à Jérusalem

Proche-Orient Un garde-frontière a été tué. Affrontements sur l’Esplanade des mosquées

La tension s’accroît à Jérusalem. En effet, au lendemain de l’annonce de nouvelles constructions israéliennes dans la partie arabe de la ville et deux heures après que des échauffourées entre des fidèles musulmans et des policiers de l’Etat hébreu eurent éclaté sur l’Esplanade des mosquées – le troisième lieu saint de l’islam –, une camionnette conduite par un jeune Palestinien a volontairement percuté une station de tramway où des voyageurs étaient massés.

L’auteur de l’attaque à la voiture bélier visait un groupe de gardes-frontière, l’équivalent israélien de la gendarmerie. Après avoir foncé sur ces hommes, il a d’ailleurs voulu les attaquer avec une barre de fer, mais il a été abattu. Un officier des gardes-frontière a cependant été tué durant l’attaque et une dizaine d’autres ont été plus ou moins gravement blessés.

A Gaza-City, le Hamas a aussitôt publié un communiqué félicitant le chayid (martyr) Ibrahim al-Akari pour son «acte héroïque». Le député Mushir el-Massri (Hamas) a surenchéri en souhaitant que «de telles opérations déclenchent la troisième Intifada».

Résident du camp de réfugiés de Chouafat (nord de Jérusalem) où les violences sont quotidiennes depuis le 12 juillet dernier, date de l’assassinat de l’adolescent Mohamad Abou Khdeir par des extrémistes juifs, Ibrahim al-Akari est le frère d’un membre du Hamas condamné à une peine de prison pour sa participation à l’assassinat d’un policier israélien. Ce Palestinien avait été libéré en 2011 dans le cadre de l’échange de prisonniers détenus par Israël contre le caporal Gilad Shalit, puis expulsé vers la Turquie.

Il y a une douzaine de jours, une autre voiture bélier avait déjà fauché un groupe de civils attendant le tramway. Le 30 octobre, l’extrémiste juif Yehuda Glick, la figure de proue du mouvement prônant la disparition des mosquées et la construction du troisième Temple juif, a également été blessé par un tireur lié au Djihad islamique.

Ambassadeur jordanien rappelé

Entre ces deux affaires, des émeutes se sont produites quotidiennement dans plusieurs quartiers arabes de la ville sainte, notamment attisées par les actions de nationalistes juifs qui vont prier sur l’Esplanade des mosquées sous la protection de policiers en armes.

A l’occasion des cérémonies du 19e anniversaire de l’assassinat de Yitzhak Rabin, le premier ministre Benyamin Netanyahou et son ministre de la Défense, Moshé Yaalon (Likoud), ont accusé l’Autorité palestinienne (AP) de «jeter de l’huile sur le feu» et son président Mahmoud Abbas d’être responsable de l’actuelle vague de violence.

Quant à la ministre de la Justice, Tzipi Livni (centriste), elle a exprimé sa crainte «de voir le conflit avec les Palestiniens se transformer en une guerre de religion qui embraserait toute la région et nous embrouillerait avec des pays comme l’Egypte et la Jordanie».

De fait, le royaume hachémite, qui dénonce à l’instar de l’AP les «actions provocatrices» des extrémistes juifs sur l’Esplanade des mosquées, a rappelé son ambassadeur à Tel-Aviv, Walid Obeidat. Nul ne sait quand il reviendra en Israël puisque la Jordanie accuse l’Etat hébreu de «profaner» les lieux saints musulmans et d’«enfreindre» les clauses du traité de paix conclu ­entre les deux pays en 1994.

Publicité