Les islamistes du Hamas avaient annoncé qu'ils vengeraient les victimes soudanaises et afghanes des raids américaines en s'attaquant à des cibles israéliennes. Tout semble indiquer qu'ils ont tenu parole. L'attentat de jeudi matin, à proximité de la grande synagogue de Tel-Aviv, qui a fait 21 blessés, dont un grièvement, portait en filigrane la signature des islamistes.

La charge, placée dans une poubelle, a explosé après le passage d'un autobus. Si la déflagration avait eu lieu juste un peu plus tôt, le nombre de victimes aurait été bien plus élevé. Un tronçon de la rue Allenby – une artère centrale de la métropole israélienne – a été aussitôt fermé à la circulation automobile. Les démineurs de la police israélienne l'ont passé au peigne fin, à la recherche d'autres engins explosifs. Des mesures de sécurité renforcées ont été prises au centre de Tel-Aviv et de Jérusalem.

Dans la cité sainte, des «bérets verts» de la police, flanqués de chiens spécialement entraînés à dépister les explosifs, se sont déployés au centre-ville. A l'aéroport international Ben Gourion, les contrôles de police étaient si minutieux que plusieurs avions ont eu du retard. Toutes ces mesures en disent long sur l'inquiétude du gouvernement de Benjamin Netanyahou. La psychose à l'attentat s'est encore emparée des villes israéliennes.

Du côté palestinien, Ahmed Tibi, conseiller personnel de Yasser Arafat, a fermement condamné «cet attentat aveugle qui a fait des victimes innocentes». De hauts fonctionnaires de l'Autorité palestinienne laissaient néanmoins entendre qu'il fallait l'attribuer «à la pègre ou à des éléments mafieux». Lorsque récemment des colons avaient trouvé la mort dans des agressions au couteau ou à la kalachnikov, aucune condamnation n'était venue de l'entourage d'Arafat. Le premier ministre israélien en avait tiré prétexte pour durcir le ton, accroître ses exigences ou pousser à la colonisation (lire ci-dessous).

Au cours d'une conférence de presse inopinée dans l'un des hôpitaux telaviviens où sont soignés quelques blessés de l'attentat, Benjamin Netanyahou a aussi réclamé d'Arafat «de lutter sans merci contre le terrorisme s'il veut voir progresser le processus de paix». Ces propos ressemblaient fort à une condition sine qua non. Quant à l'opposition de gauche israélienne, elle reprend les vieux thèmes électoraux de «Bibi» Netanyahou pour les tourner en dérision. Il avait promis, disait jeudi matin sur les ondes de la radio israélienne le député Haïm Ramon, «la paix dans la sécurité, mais en fait nous n'avons ni paix, ni sécurité».