«La police d’Irlande du Nord a confirmé qu’une bombe a explosé au poste de police de Newtownhamilton dans le sud (du comté) d’Armagh», non loin de la frontière avec l’Irlande, a indiqué la police. Qui a ultérieurement précisé que trois personnes avaient été blessées et hospitalisées, mais que leur pronostic vital ne semblait pas engagé.

Le 13 avril, une voiture, pleine de bidons remplis de liquide inflammable et d’explosifs, avait été abandonnée devant les portes du même poste de police, mais cette bombe avait pu être désamorcée à temps. «La police a appris qu’un véhicule avait été abandonné dans la zone après qu’un appel téléphonique eut été reçu à l’hôpital de Belfast aux environs de 22H30 (23H30 en Suisse)», a précisé une porte-parole de la police. «La police était en route vers l’endroit au moment de l’explosion», a-t-elle ajouté.

Le parlementaire local Dominic Bradley, membre du parti catholique SDLP (Social Democratic and Labour Party), a expliqué que les pompiers avaient été alertés de la présence du véhicule après avoir entendu un échange de coups de feu. «Ils ont immédiatement commencé à évacuer la zone, dont des commerçants et des gens du coin», a-t-il ajouté. L’explosion a eu lieu à 22H20 GMT (passé minuit en Suisse) selon lui.

Regain de tension

Les groupes républicains dissidents, opposés au processus de paix en Irlande du Nord, ont été pointés du doigt pour plusieurs attaques ces derniers mois. Le 12 avril, une voiture piégée avait explosé près du siège des services britanniques du renseignement intérieur (MI5) à la périphérie de Belfast, en faisant un blessé léger. Cet attentat avait eu lieu le jour du transfert des pouvoirs de police et de justice de Londres vers Belfast, dernière étape du processus de paix entre catholiques et protestants.

Une source policière haut placée a estimé jeudi que la menace représentée par les groupes dissidents de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) était à l’heure actuelle la plus élevée depuis l’attentat d’Omagh, le plus meurtrier du conflit, qui avait fait 29 morts et plus de 300 blessés le 15 août 1998.

«C’est probablement la situation la plus grave que nous ayons connue depuis la compagne de bombes de l’IRA-véritable (un des groupes dissidents de l’IRA, ndlr) en 1997 et 1998», a déclaré cette source. «Il nous semble, quelle que soit la manière dont on regarde les choses, que cela a augmenté en termes d’intensité et de gravité.»

Les derniers attentats portent la griffe d’artificiers ayant œuvré pour l’IRA, laquelle a renoncé à la lutte armée en 2005, selon cette même source. Les services de sécurité des deux côtés de la frontière avec l’Irlande estiment que le nombre des paramilitaires républicains a augmenté récemment, sans toutefois avancer de chiffres.

Une trentaine d’années de violences entre catholiques indépendantistes et protestants unionistes en Irlande du Nord, appelés les «Troubles», ont pris fin en 1998 avec l’accord de paix dit du Vendredi Saint, qui a notamment ouvert la voie à la mise en place d’un gouvernement biconfessionnel. Le transfert des pouvoirs de justice et de police était le dernier obstacle à l’application complète de cet accord de paix qui a mis fin aux violences intercommunautaires ayant fait quelque 3500 morts.