Un professeur d’université, Massoud Mohammadi, a été tué mardi dans l’explosion d’une moto piégée à Téhéran, a rapporté la télévision d’Etat iranienne en langue anglaise Press-TV.

«Il a été tué dans l’explosion d’une moto piégée actionnée à distance», selon Press-TV. L’explosion s’est produite dans le quartier de Gheytarieh (nord de Téhéran), non loin du domicile de la victime, a ajouté Press-TV qui mentionne aussi qu’il s’agissait d’un fervent défenseur du régime.

M. Mohammadi était professeur à l’université de Téhéran, selon Al-Alam, la chaîne de télévision iranienne en langue arabe, qui n’a pas précisé ses fonctions. «Massoud Mohammad était un professeur révolutionnaire et engagé qui est devenu martyr dans un attentat terroriste commis par des contre-révolutionnaires et les éléments de l’oppression mondiale», a indiqué de son côté la télévision d’Etat en persan, semblant indiquer que la victime était proche du pouvoir et occupait des responsabilités politiques.

Selon le site proche du pouvoir Rajanews.com, c’était un physicien nucléaire, une information confirmée depuis par le procureur général de Téhéran, Abbas Jafari Dolatabadi, qui a ouvert une enquête.

Israël et les Etats-Unis accusés

A la suite de l’attentat, plusieurs médias iraniens ont immédiatement accusé Israël, les Etats-Unis et des éléments «contre-révolutionnaires» d’être à l’origine de l’attaque. «Des agents sionistes et américains ont placé cette bombe», a affirmé la télévision d’Etat.

La chaîne de télévision officielle en arabe Al-Alam a estimé de son côté que, «compte tenu du type de l’explosion, l’attentat pourrait avoir été commis par les hypocrites (les Moudjahidines du peuple, ndlr)».

Le mode opératoire de cet attentat -l’explosion d’un véhicule piégé déclenché à distance, selon les médias- a été fréquemment employé par le mouvement d’opposition des Moudjahidines du peuple lors de la lutte contre le régime durant les premières années de la révolution islamique.

Positionnement pas clair

Le positionnement politique éventuel de la victime faisait mardi matin l’objet d’informations contradictoires. Selon Al-Alam, Massoud Mohammadi était un «professeur hezbollahi», terme désignant une personne engagée en faveur du pouvoir.

Plusieurs sites d’opposition ont toutefois relevé que M. Mohammadi avait, lors de l’élection présidentielle en juin, signé une pétition d’universitaires en faveur de Mir Hossein Moussavi, rival malheureux du président Mahmoud Ahmadinejad dont il est devenu le principal opposant. Une information démentie par le président de la Faculté de Physique de l’Université de Téhéran, Ali Moghari.

Un climat politique très dur

Cet attentat intervient dans un contexte politique très tendu en Iran, alors que le pouvoir a durement réprimé au cours des derniers mois l’opposition interne au régime qui conteste la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad en juin, estimant le scrutin entaché de fraudes.

Le 27 décembre, huit personnes ont été tuées lors de manifestations de l’opposition et plusieurs centaines d’autres ont été blessées ou arrêtées.