Elle tremble sur ses cannes. Elle n’en peut plus, doit s’arrêter pour souffler au milieu de la chaussée encombrée de gravats et de morceaux d’asphalte. Les canons tonnent dans le lointain, pas de quoi effrayer Larissa, une baboussia de 70 ans, qui revient de l’enfer des bombes. «Ma maison est détruite, j’étais dans ma cave pendant des jours, dit-elle. Tous mes voisins sont partis, je ne veux pas mourir dans un trou, sans personne de ma famille pour m’enterrer.» Les détonations se multiplient alors que théoriquement un cessez-le-feu est entré en vigueur trois heures plus tôt, lundi matin à 8 heures, pour permettre l’évacuation des derniers civils des localités d’Irpin et de Boutcha à une vingtaine de kilomètres du centre de Kiev. Les armées russe et ukrainienne se sont affrontées à coups de mortier sans que l’on puisse dire lequel des deux camps ennemis a violé en premier le cessez-le-feu.