Des hommes armés ont envahi un pensionnat de l'Etat nigérian de Kaduna et kidnappé 140 lycéens, vraisemblablement pour les échanger contre une rançon. Au total, 165 lycéens dormaient dans le pensionnat du lycée Bethel Secondary School, dans la localité de Chikun, dans la nuit de dimanche à lundi lorsque des «hommes armés ont escaladé le grillage pour pénétrer dans l'école», a rapporté à l'Agence France Presse (AFP) Emmanuel Paul, un professeur. Ils ont emmené avec eux 140 élèves, mais 25 ont réussi à s'échapper, a-t-il indiqué, soulignant que «tout indique que les assaillants sont arrivés à pied».

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Rassemblés près de l'école, les parents, en colère contre les autorités, attendent désormais des nouvelles de leurs enfants. «Ce gouvernement a abandonné le peuple de Kaduna», a déclaré Mustapha Kumbe, le père d'un des jeunes enlevés. «Nous continuerons à manifester jusqu'à ce que nos enfants reviennent.»

Des écoles vulnérables fermées

Il s'agit de la troisième attaque importante commise à Kaduna ces trois derniers jours. Dimanche, au moins huit employés d'un hôpital de cet Etat ont été kidnappés, selon la police. Des sources locales affirment de leur côté que quinze personnes ont été enlevées, dont deux infirmières et leurs deux bébés.

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Le porte-parole de la police de l'Etat, Muhammed Jalige, a confirmé l'attaque contre l'école sans pouvoir donner plus de détails, précisant que «les équipes tactiques de la police ont pris en chasse les ravisseurs, la mission est toujours en cours».

Le président nigérian Muhammadu Buhari a ordonné lundi à l'armée, à la police et aux services de renseignement d'oeuvrer à la libération rapide de toutes les victimes enlevées, selon un communiqué de ses services. Le gouvernement de l'Etat a ordonné lundi la fermeture immédiate de 13 écoles considérées comme vulnérables, selon un courrier des autorités éducatives.

Ne pouvant assurer la sécurité dans les écoles et les lycées, de nombreux Etats du nord-ouest du Nigeria ont déjà fermé la plupart des pensionnats des écoles publiques, renvoyant des milliers d'enfants à la maison. «Dans un pays qui compte environ 13,2 millions d'enfants déscolarisés, le chiffre le plus élevé au monde, ces kidnappings ne font qu'empirer la situation», assure Idayat Hassan, directrice du Centre for Democracy and Development, basé à Abuja.

Le gouverneur de l'Etat de Kaduna opposé au paiement des rançons

Des groupes criminels, communément appelés «bandits» par les autorités, terrorisent les populations du nord-ouest et du centre du Nigeria. Ils attaquent des villages, volent du bétail et enlèvent sur les routes des personnalités locales ou des voyageurs contre rançon. Ils opèrent à partir de camps situés dans la forêt de Rugu, qui s'étend sur les Etats nigérians de Zamfara, Katsina, de Kaduna et du Niger.

Récemment, ces groupes criminels se sont lancés dans des attaques visant des écoles et des universités, pratiquant des enlèvements de masse d'élèves contre rançon. Plus de 1000 enfants, adolescents ou étudiants ont été enlevés depuis le mois de décembre, et certains sont toujours aux mains de leurs ravisseurs.

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Le gouverneur de l'Etat de Kaduna, Nasir Ahmad El-Rufai, contrairement à certains de ces homologues des Etats voisins, refuse catégoriquement de négocier avec ces groupes armés et de payer des rançons. Il avait également menacé de pénaliser toute personne payant des rançons pour retrouver leurs proches, pour ne pas encourager les kidnappings.

«La position ferme adoptée par El-Rufai de ne pas payer commence à faire des émules dans la région, et d'autres gouverneurs adoptent cette stratégie», a commenté auprès de l'AFP Idayat Hassan. «El-Rufai est considéré comme un ennemi et doit être puni», poursuit-elle pour expliquer le nombre croissant d'attaques de grande ampleur dans cet Etat.