Une concurrence à l’OMC

Face à l’inertie de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les Etats trouvent d’autres moyens de lever leurs barrières commerciales mutuelles. Ils s’y prennent en mode bilatéral ou régional. Voilà un fait accompli, particulièrement observable en Asie, championne de l’intégration commerciale à l’échelle du continent. Le directeur de l’entité basée à Genève, Roberto Azevêdo, le dit lui-même: il apparaît plus simple de s’accorder sur des principes de libéralisation des échanges à deux, voire à une poignée d’acteurs centrés sur un périmètre d’influence commun, plutôt qu’entre 160 partenaires. Ce d’autant plus si ces derniers sont tiraillés par leurs inégalités et où le veto d’un seul peut tout faire échouer.

La prolifération d’accords dits préférentiels, par opposition aux textes conclus sous l’égide de l’OMC, fait partie des phénomènes les plus fulgurants de l’histoire récente du commerce mondial. De moins d’une vingtaine en 1960, ils sont aujourd’hui passés – officiellement début 2014 – à plus de 250. Cette déferlante d’alliances plus rapidement conçues et souvent plus abouties fait de l’ombre à l’OMC. Quand bien même cette dernière a toujours accordé à ces textes une valeur de complémentarité au système multilatéral.

Pays tiers lésés

Sauf peut-être depuis l’apparition récente d’initiatives d’un autre type: les «méga-accords» régionaux. Encore plus ambitieux, tant par leur taille que par leur contenu. Ces nouvelles alternatives, à savoir le partenariat transatlantique et celui transpacifique, ne ressemblent en rien à ce qui était connu jusqu’ici. Calés de part et d’autre du globe, ils sont appelés à bouleverser encore davantage les rapports de force à l’OMC. Et promettent, à terme, un remodelage profond de la gouvernance du commerce mondial.

Mais l’un de leur défaut est de mettre sur la touche les pays les moins développés qui, de par leur nombre, feraient mieux valoir leurs intérêts à l’OMC.