La visioconférence des donateurs en soutien au Liban, dont la capitale Beyrouth a été dévastée par une explosion meurtrière, aura lieu dimanche à 12H00 GMT, co-organisée par l'ONU et la France, a indiqué la présidence française à l'AFP.

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Samedi matin, le président américain Donald Trump a tweeté que la visioconférence réunirait «le président Macron, les dirigeants du Liban et des dirigeants d'autres endroits dans le monde». Le président français Emmanuel Macron s'est rendu jeudi à Beyrouth. «Tout le monde veut aider!» avait ajouté M. Trump, mentionnant avoir parlé dans la matinée avec M. Macron, à l'initiative de la réunion.

Les institutions européennes participeront aussi à cette conférence de donateurs organisée afin de mobiliser une aide humanitaire d'urgence pour la population de Beyrouth. Lors de sa visite jeudi, le président français avait promis aux Libanais que l'argent n'irait pas à «la corruption». L'aide doit notamment porter sur les besoins en nourriture et infrastructure, selon une source diplomatique. 

Naufrage économique

Le Liban est en plein naufrage économique, après avoir fait défaut sur sa dette, et ses dirigeants ont été incapables de s'entendre sur un plan de sauvetage économique avec le Fonds monétaire international (FMI).

Le président du Conseil européen, Charles Michel, est attendu samedi à Beyrouth, pour témoigner de la «solidarité» des Européens «choqués et attristés». L'UE a déjà débloqué 33 millions d'euros. Le chef de la Ligue arabe, Ahmad Aboul Gheit, ainsi que le vice-président turc Fuat Oktay et le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu, se sont également rendus samedi à Beyrouth pour assurer les responsables libanais de leur soutien.

Sans attendre, plusieurs pays ont dépêché du matériel médical et sanitaire ainsi que des hôpitaux de campagne. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est en effet inquiétée de la saturation des hôpitaux déjà mis à mal par la pandémie de nouveau coronavirus, des pénuries de médicaments et d'équipements médicaux, réclamant 15 millions de dollars.

«Tirer profit de ce désastre»

Alors que les responsables étrangers se succèdent et que l'aide internationale afflue, les dirigeants honnis du Liban tentent clairement de tirer avantage de la situation, estime l'analyste Nasser Yassin, de l'Institut Issam Fares. «La crainte est que les autorités tirent profit de ce désastre et de l'attention arabe et internationale pour se remettre à flot», dit-il.

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